Affiche du film  Nowhere Boy
© Les Films Equinoxe

Il était une fois John

Version en français
v.o.a. : Nowhere Boy
14 octobre 2010

L'homme qui n'allait nulle part

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Peut-être est-ce parce que, ces jours-ci, nous sommes envahis de drames biographiques et d'oeuvres inspirées de la vie de personnages célèbres que mon appréciation de Il était une fois John est à ce point mitigée. Si nous ignorions que ce film retrace la jeunesse délinquante de John Lennon, serait-il aussi captivant, aussi pertinent? Ne serait-il pas que le conte classique (bien orchestré, il faut tout de même l'admettre) d'un jeune rebelle britannique bafoué par sa famille marginale et sauvé par l'amour de la musique? Malgré ces innombrables questionnements - qui resteront sans doute sans réponse -, une chose reste par contre incontestable dans cette production biographique; le talent fabuleux des acteurs principaux et leur faculté à transmettre l'émotion, ainsi que la prestance des figures emblématiques qu'ils incarnent.

Le jeune John Lennon part vivre chez sa tante Mimi lorsque son père part pour la Nouvelle-Orléans et que sa mère l'abandonne. Âgé maintenant de 17 ans, John n'aime pas l'école et tente désespérément de trouver sa place dans ce monde qui le rejette. Un jour, il décide de se réconcilier avec sa mère biologique, Julie. Extravagante et folâtre, elle lui communique rapidement son amour inconditionnel pour la musique.

L'histoire est somme toute assez banale; un jeune garçon qui, à travers la musique, trouve finalement un sens à sa vie, que tous croyaient voué à une fin tragique et honteuse. Cependant, en sachant que cet adolescent va plus tard devenir l'un des musiciens les plus acclamés au monde, on ne peut qu'être piqué de curiosité et d'admiration pour ce jeune homme qui achète sa première guitare ou rencontre pour la première fois l'un de ses plus fidèles complices, Paul McCarney (alors âgé de 15 ans).

La performance des acteurs est époustouflante. Même si nous n'avons pas eu la chance de connaître cet homme démesuré et exceptionnel qu'était John Lennon, nous ne pouvons qu'assumer - avec le peu de connaissances que nous avons de sa jeunesse - qu'Aaron Johnson nous dévoile une image juste et honnête de cette figure symbolique de la musique moderne. Thomas Sangster (l'enfant qui tentait de séduire la plus belle fille de son école primaire dans Love Actually) livre également une performance à la hauteur de l'homme qu'il personnifie, soit Paul McCartney.

Le choix musical et le montage sonore, sont d'une efficacité manifeste. Passant d'Elvis Presley à Jerry Lee Lewis tout en flirtant avec les harmonies de Dickie Valentine, le film nous rappelle l'époque dans laquelle John Lennon a grandi et trouvé sa voie/voix. Il aurait, de toute façon, été inconvenant d'explorer cinématographiquement la jeunesse d'un Beatles sans accorder une place importante à la musique.

Il était une fois John est une oeuvre honnête et équilibrée qui, tout en respectant notre perception généraliste du personnage, nous amène à comprendre l'origine de son talent et de sa réussite. Certes, ce film n'aurait pas la même portée s'il dépeignait le destin d'un illustre inconnu, mais, sachant que ce garçon désobéissant et révolté qui voulait être Elvis Presley allait un jour devenir le grand John Lennon, on ne peut qu'être fasciné et happé dans ce récit intime et émouvant.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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