Affiche du film  L'ère de glace: La dérive des continents
© 20th Century Fox

L'ère de glace: La dérive des continents

Version en français
v.o.a. : Ice Age: Continental Drift
13 juillet 2012

Sid et les chipmunks

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Ice Age: Continental Drift s'adresse au même public que Madagascar 3: Europe's Most Wanted; un public jeune et spontané. Le premier opus de la série était peut-être rafraîchissant, voire original (même si personnellement, je n'ai jamais été vraiment attachée à ces créatures préhistoriques), le quatrième chapitre manque certainement de cette individualité originelle pour se différencier dans le paysage cinématographique actuel. Ses blagues de premier niveau sur les mauvaises odeurs corporelles, sur de la nourriture prémachée, sur des crottes de nez (évidemment, un classique...), sur du vomi, montrent d'emblée que la perspicacité du propos n'était pas nécessairement le but premier des auteurs. Par contre, certaines productions abusent avec beaucoup moins de subtilité de ces stéréotypes vulgaires que le fait Ice Age en toute connaissance de cause.

Avec l'exploitation du monde des animaux vient irrémédiablement les comparaisons littérales avec le monde des humains. Leurs comportements, leurs croyances, leurs coutumes se rapprochent volontairement des nôtres pour provoquer des situations humoristiques efficaces. Les adolescents mammouths se regroupent près de la chute pour « chiller » comme le font les adolescents humains et utilisent des expressions particulières à leur groupe d'âge, comme le font les Hommes. Même si c'était presque trop facile de faire cette métaphore (entre adolescents et jeune mammouth), elle fonctionne très bien et parvient à nous décrocher quelques rires légitimes. Dans la version française, Ethan - l'ado cool - s'exprime comme Brice de Nice, utilisant même sa célèbre expression : « J'tai cassé ».

Après quatre épisodes d'une heure trente sur ces mêmes protagonistes, il est évident (même s'ils sont tous très riches en potentiel comique) que les sujets et les situations se répètent. On a parfois une forte impression de déjà-vu dans ce quatrième opus, qui nous laisse amers. Bien que la famille de Manny se soit élargie, que Sid nous présente sa grand-mère un peu sénile et que Diego tombe amoureux d'une certaine Shira, ils ont tous une personnalité bien ancrée que l'on connaît et qui ne laisse que très peu de place à l'imagination. Le personnage de Scrat saura à nouveau séduire les petits et les grands. Ce rongeur qui provoque la dérive des continents en voulant récupérer sa noix, a quelque chose d'unique, une bonhomie que l'on ne peut qu'adopter, peu importe son âge. Ses interactions au sein de la trame narrative restent toujours très efficaces, principalement en raison de leur courte durée et de leur substantialité à la suite du récit. Un film complet sur cet écureuil muet serait probablement interminable, mais ces petites altercations dans Ice Age sont absolument irrésistibles.

Ice Age: Continental Drift profite de l'intérêt des jeunes pour les pirates pour nous transporter dans une aventure sur les mers un peu tirée par les cheveux, mais tout de même habile et bien menée. Les adultes ne sont que très peu interpellés dans cette mouture, les créateurs ayant misé davantage sur l'aspect débonnaire et primitif du litige entre les bons et les méchants. Jamais deux sans trois peut-être, mais à quatre, c'est peut-être le temps de s'arrêter. Rien ne nous prouve d'ailleurs que Ice Age: Continental Drift est le dernier opus de la franchise, on nous laisse même la porte ouverte à une nouvelle intrigue. Il est peut-être pourtant temps que Scrat enterre définitivement sa noix parce que le quatrième film n'est pas la catastrophe que certaines craignaient, mais une odeur rance commence tout de même à planer... et elle ne se dégage pas uniquement de Sid.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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