Affiche du film  American Ultra
© Remstar

Hyper agent américain

Version en français
v.o.a. : American Ultra
20 août 2015

F*ck man

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Il existe de bons films de « stoner » (oui, les « stoner comedy » sont un genre cinématographique), des films tellement stupides qu'on considère qu'il faut avoir consommé des substances illicites pour savoir les apprécier. Harold et Kumar, Jay et Bob ainsi que le grand Lebowski sont des experts de cette niche bien particulière. Le film Hyper agent américain n'a malheureusement pas les atouts nécessaires pour se tailler une place au sein de cette liste de grandes oeuvres humoristiques qui encouragent la consommation de cannabis. 

Pour tout dire, Hyper agent américain n'a pas l'étoffe des grands des autres parce qu'il garde un pied bien trop profondément ancré dans la raison pour arriver à surprendre et à engendrer le rire recherché chez son public, pourtant assez facile à convaincre. On nous raconte ici l'histoire d'un jeune homme qui a été le sujet d'une expérience de la CIA afin de le transformer en un sujet agent; une genre de caricature des Bourne et autres films d'espionnage qui traite de la même thématique. Bien que tout le concept soit parfaitement loufoque et que l'agent débranché en question soit devenu un poteux sans cervelle, l'ensemble conserve trop d'intelligibilité pour séduire les plus à jeun. Le succès de ce genre de production repose sur son niveau d'abrutissement, et ici, on semble avoir voulu le garder médian pour persuader aussi les abstinents. Malheureusement, on a ainsi couru à sa perte.

La violence n'est pas suffisamment suggestive (même si l'hémoglobine coule à flots), les situations ne sont pas assez invraisemblables (même si elles frôlent souvent le ridicule) et l'humour manque de rusticité (malgré les « fuck » en quantité faramineuse). Le scénariste n'a pas osé l'excès, alors que c'était pourtant exactement ce dont le film avait besoin pour fonctionner.

On y a aussi accroché une sentimentalité bonbon qui n'a pas d'effets particulièrement positifs sur l'aspect comique de la production; sa principale raison d'être. Il faut dire par contre que Jesse Eisenberg et Kristen Stewart forment un beau couple de drogués. Les deux acteurs qui avaient partagé l'écran dans Adventureland ont compris leurs rôles et s'en sont acquittés ingénieusement. Topher Grace est aussi plutôt habile dans le rôle du méchant malhabile qui veut éliminer l'espion désactivité à tout prix sans raison valable, si ce n'est que pour prouver son autorité.

Les « stoner comedy » doivent nous apparaître comme des ovnis au sein du paysage cinématographique pour être considérés comme efficaces, il faut qu'on se questionne à plusieurs reprises à savoir « mais qu'est-ce que c'est que ce film? » pendant son visionnement pour que sa bêtise ait atteint le niveau escompté. Ici, malheureusement, les ficelles de l'objet volant non identifié sont bien trop évidentes pour qu'on ne s'aperçoive pas de la supercherie.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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