Affiche du film  The Hunger Games: Mockingjay - Part 1
© Les Films Séville

Hunger Games: La révolte partie 1

Version en français
v.o.a. : The Hunger Games: Mockingjay - Part 1
19 novembre 2014

Au pied du grand chêne

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

J'avoue que je n'étais pas très inquiète. Je me doutais bien que, comme la qualité des deux premiers opus était méritoire, le troisième, réalisé et scénarisé par la même brigade, serait tout aussi efficace, et, fort heureusement, je ne me suis pas trompée. L'histoire d'Hunger Games aurait pu être traitée avec plus de légèreté et d'indifférence, mais Francis Lawrence et son équipe n'ont pas développé le film comme une banale fiction pour adolescentes, ils ont su y introduire une rage et une force tranquille qui transperce l'écran et cogne le spectateur droit au coeur. Je me suis même surprise à me dire, cette fois-ci, que je me battrais aux côtés de Katniss. J'avais envie d'abandonner mon siège et de prendre part à cette guerre (j'exagère, mais vous comprenez où je veux en venir...). Ce personnage (et cette actrice fabuleuse!) nous transmet une fièvre que peu de héros modernes arrivent à engendrer.

Sans Jennifer Lawrence, la franchise Hunger Games ne possèderait définitivement pas le même bouillonnement extatique. D'ailleurs, il n'y a pas que Lawrence qui transperce l'écran. Josh Hutcherson, qui joue généralement le bon petit garçon, douillet et débonnaire, est renversant dans le rôle d'un Peeta en pleine décrépitude, qui se consume jusqu'à ressembler à un animal sauvage. Feu Philip Seymour Hoffman fait également un travail incroyable, tout comme Julianne Moore qui semble cacher bien des choses sous ses airs charitables et magnanimes. Il ne faut pas non plus oublier Elizabeth Banks qui nous livre un personnage attachant et méconnaissable sans ses immenses perruques et ses robes bouffantes.

Comme ce film est la première partie d'un livre divisé en deux, nous étions en droit de nous questionner si cette fraction était légitime ou si elle ne représentait qu'un coup de marketing, ou une volonté de faire comme ces prédécesseurs franchisés (... donc un coup de marketing). Mais, c'est avec grande surprise qu'on découvre qu'il n'y a aucun temps mort dans Hunger Games: Mockingjay - Part 1. Évidemment, le long métrage est quand même un peu moins long que les deux autres, mais chaque scène semble avoir sa place au sein de l'ensemble et rien ne paraît avoir été ajouté pour justifier la scission du dernier roman.

Encore une fois - ce ne sera une surprise pour personne -, les effets spéciaux sont magnifiquement exécutés, le montage visuel et musical se répondent splendidement et même si la majorité des scènes se déroulent dans des endroits clos et sombres, l'opacité de l'image ne dérange pas l'appréciation du film, comme l'omniprésence de la caméra à l'épaule le faisait dans le premier chapitre de la série. D'ailleurs, à cet effet, Lawrence, peut-être encouragé par la majorité des critiques qui déploraient cette utilisation ubiquiste de la caméra subjective, a choisi un point de vue plus neutre pour ce troisième chapitre. Un choix intelligent considérant les nausées que provoquait sa caméra en continuelle mouvance. 

Hunger Games: Mockingjay - Part 1 fait partie d'un tout. Cette mouture n'est pas meilleure, ni moins bonne que les précédentes. Elle arrive à racler large, tant au niveau de son public cible que de l'éventail des émotions qu'elle propose. Elle représente un divertissement de qualité, mais reste dépendante de ses exordes et de sa suite pour survivre.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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