Affiche du film  Hôtel Transylvanie 2
© Sony Pictures

Hôtel Transylvanie 2

Version en français
v.o.a. : Hotel Transylvania 2
25 septembre 2015

Vous avez dit normal?

Photo Par Martin Gignac

Hotel Transylvania 2 est une copie conforme de son prédécesseur. Les fans de la première heure seront comblés alors que les autres soupireront à nouveau en achetant leurs billets de cinéma pour faire plaisir à leurs progénitures.

Il faut idéalement avoir entre six et dix ans pour trouver du plaisir à cette production destinée aux enfants hyperactifs. L'humour ponctué de clins d'oeil pesants aux classiques de l'horreur y est inégal et redondant. Les leçons de morale sur l'identité et la différence sont nombreuses et aucun personnage n'est véritablement mémorable au sein de cette famille éclatée où Dracula tente d'inculquer les rudiments de vampirisme à son petit-fils qui est plus humain que monstre.

Sans doute qu'il y a de l'action à revendre et que l'animation n'est pas mauvaise. Genndy Tartakovsky (à ne surtout pas confondre avec l'immense cinéaste Andreï Tarkovski) est de retour à la réalisation et il fait un bon travail sans jamais rivaliser avec ses maîtres que sont Henry Selick et Tim Burton. Mais une fois que la 3D est rentrée dans le corps et que les nombreux effets visuels sont digérés, que reste-t-il? Un divertissement anodin et vite oublié, comme le sont les petits bonshommes le samedi matin.

La faute de cette déroute revient évidemment aux scénaristes Robert Smigel et surtout à Adam Sandler. Non content de prêter sa voix au héros et de faire appel à ses potes Kevin James et David Spade pour vivifier Frankenstein et l'Homme invisible, Sandler est en train de se bâtir un véritable empire de médiocrité. Et sans atteindre les bas-fonds de Pixels, That's My Boy, Jack and Jill et les Grown Ups, Hotel Transylvania 2 est affublé de ce même humour douteux, de ces gags puérils qui tombent à plat plus souvent qu'autrement.

Leur recette miracle se trouvait pourtant tout près d'eux. Auprès d'une personne qui offre déjà son timbre sonore à un des personnages. Ce n'est pas Andy Samberg, Selena Gomez, Steve Buscemi ou Molly Shannon qui s'en sortent honorablement, mais le metteur en scène culte Mel Brooks qui donne un lustre mordant à Vlad, le père de Dracula. Sa présence n'est d'ailleurs pas fortuite. Son dernier long métrage, le décevant Dracula: Dead and Loving It, fête son 20e anniversaire cette année. Mais pourquoi ne pas s'être inspiré davantage de ses classiques - et ils sont nombreux avec Young Frankenstein, Blazing Saddles et autres Spaceballs - pour donner un souffle nouveau à cet objet qui en a tant besoin?

Peut-être que ce sera le cas pour le troisième épisode qui risque éventuellement de voir le jour. Le premier Hotel Transylvania a fait plein d'argent, le second devrait l'imiter et hop, en moins de temps que l'on dise Bram Stoker, une nouvelle franchise est née, suivant à la trace le chemin marqué par Despicable Me et les Smurfs au lieu de prendre des risques salvateurs comme Inside Out et Song of the Sea. Dans 20 ou même 10 ans, personne ne se rappellera cette version bien inoffensive du comte Dracula. Mais tout le monde se remémora la larme à l'oeil que 2015 était l'année du décès de Christopher Lee, le plus célèbre acteur qui l'a personnifié.

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Photo Martin Gignac

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