Affiche du film Horloge biologique
© Alliance Atlantis Vivafilm

Horloge biologique

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : Horloge biologique
31 août 2005

L'appel de la nature

Photo Par Karl Filion
Le cinéaste Ricardo Trogi retrouve ses vieux complices de Québec-Montréal Jean-Philippe Pearson, Patrice Robitaille et Pierre-François Legendre pour explorer les relations hommes-femmes face à la naissance. L'homme confronté à sa fonction première, faire des enfants. Une idée de départ qui peut, bien sûr, engendrer des moments drôles, mais qui est aussi un prétexte idéal pour réfléchir à l'identité masculine et à la maturité. Et ça, ce n'est pas drôle du tout. L'heure de l'Horloge biologique a sonné.

Comme pour Québec-Montréal, Horloge biologique a besoin de ses personnages pour garder son intérêt. Heureusement, ici, ils sont pour la plupart particulièrement bien cernés, jamais redondants et ils ont tous une face cachée qui les rend plus humains. Les trois histoires parallèles de Fred, qui tente par tous les moyens de repousser l'appel de la naissance, de Sébastien, qui tente de profiter au maximum de son rôle de père, et de Paul, pour qui l'arrivée prochaine d'un bébé signifie d'importants changements, se rapportent toujours à la responsabilité de l'homme (ou son refus) et à sa maturité (ou son absence). Les hommes ont cependant conscience des femmes et leurs laissent un rôle très important dans leur cheminement.

L'aspect comique du film semble être un prétexte pour initier une réflexion qui touchera bien des hommes, et qui pourrait bien aider leurs femmes à mieux les comprendre. Pas que tous les hommes soient les mêmes, non non, plutôt qu'ici l'éventail est assez grand pour s'y reconnaître. D'autant que la représentation des créateurs s'abstient de juger, que l'observation est authentique et qu'on évite de moraliser simplement des actions qui peuvent effectivement désarçonner.

Dans leurs actions et dans leurs réactions, Paul, Fred et Sébastien sont crédibles, près des préoccupations de l'homme moderne, près de sa quête intérieure et de ses priorités. Les femmes ne sont pas non plus laissées au hasard, même si leur représentation est simplifiée. Les acteurs sont tous excellents, Patrice Robitaille, Pierre-François Legendre et Jean-Philippe Pearson respirent la bonne foi, leurs performances sont assurées et très convaincantes d'autant que le scénario (une collaboration Pearson-Robitaille-Trogi) sait se dévoiler lentement, sait glisser progressivement vers la finale, qui évite sagement le mélodrame, sans jamais perdre de son intérêt. Un peu comme un strip-tease, Horloge biologique est de plus en plus pertinent tandis qu'il se dévoile.

Le réalisateur Trogi a manifestement gagné en maturité. D'abord sa réalisation, plus pertinente qu'inventive, qui assure un rythme atypique idéal au développement de son histoire. Même si Horloge biologique n'est pas une comédie à proprement parler, Trogi n'a pas perdu la main et sait comment faire rire avec un montage particulièrement inspiré et des répliques bien choisies. Sa réalisation est plus mature, très sage, et il sait éviter à la fois les stéréotypes et le machisme qui menaçaient sa production.

On pourrait dire qu'Horloge biologique n'exploite pas son potentiel comique. Cependant, il faudrait plutôt dire qu'Horloge biologique transcende son potentiel comique pour en faire un à-côté. L'humour est plus ironique, les dialogues sont plus philosophes que véritablement amusants. On rit, parce qu'on n'a pas le choix, mais ce n'est pas toujours drôle pour autant. Sans prétendre définir l'homme, le film présente une belle diversité, particulièrement authentique, où l'homme est présent dans le film à différents stades à travers les différents personnages. Leur intérêt est d'ailleurs renouvelé parce que leurs réactions sont souvent imprévisibles, qu'ils se développent, d'une certaine façon, aussi à l'écran.

Horloge biologique est un film masculin. Dans ses préoccupations, dans ses représentations, dans son attitude générale et dans son humour. Plus mature, bien joué, à la réalisation et au scénario efficaces, c'est un film très réussi sur l'homme moderne, cet homme qui marmonne et qui chasse le mammouth avec un bâton et des pierres.
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Photo Karl Filion

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