Affiche du film  Hop!
© Universal Pictures

Hop!

Version en français
v.o.a. : Hop
1 avril 2011

Jésus qui?

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

La compagnie Illumination Entertainment était parvenue à charmer bien des cinéphiles avec leur premier long métrage d'animation, Despicable Me, qui promettait un vent de fraîcheur et de singularité pour l'avenir. Malheureusement, leur plus récente production, Hop, semble nous démontrer que le particularisme d'une première oeuvre n'est pas nécessairement une assurance de qualité pour les suivantes. Hop n'a aucune individualité par rapport à toutes ces comédies familiales du temps des fêtes (on met une barbe à James Marsden, on transforme les poussins en lutins et on obtient sans effort un film de Noël). Les clichés, les répliques absurdes et les inepties de toutes sortes se succèdent à un rythme effarant. On ne peut qu'être décontenancé - stupéfait même (et pas positivement) - de voir Marsden révéler à son père qu'il est le nouveau lapin de Pâques, et lui de répondre : « Je suis fier de toi mon fils »; pitié.

Le récit commence par nous expliquer le rôle du lapin de Pâques et toutes les tâches importantes que l'héritier L.P. devra accomplir lorsqu'il sera en âge de prendre le contrôle de la fête païenne (parce que cette fête est l'occasion pour les enfants de manger du chocolat et des bonbons n'est-ce pas? … Jésus qui?). Voulant devenir un grand batteur, le lapin maintenant adolescent décide de quitter l'île de Pâques pour Hollywood. Arrivé sur place, il rencontre Fred, un jeune homme qui cherche un emploi à son image (il réalise plus tard qu'il était destiné à devenir lapin de Pâques !), et qui décide d'aider son jeune ami à accomplir ses rêves en lui permettant d'auditionner devant David Hasselhoff (bon, suffit le synopsis, ça devient déprimant...).

Le sujet était pourtant riche, personne n'avait jusqu'à maintenant développé un long métrage familial sur ce personnage fictif qui fait rêver les enfants au même titre que la fée des dents ou le Père-Noël, mais le jeune lapin en question, doublé en version originale par Russell Brand, n'a pas la carrure nécessaire pour assumer ce rôle mythique qu'on lui octroie. Une désagréable impression de déjà-vu nous habite tout au long du film. Les épisodes d'animation sont heureusement assez bien réussis - les premières minutes dans l'usine de friandises enchanteront très certainement les petits gourmands. Le poussin machiavélique Carlos et son adorable acolyte Phil (qui ne peut s'empêcher de se dandiner lorsqu'il entend de la musique) amènent quelque chose de « nouveau », de clownesque et d'insolite à cette quête, qui est globalement assez banale.

On semble parfois tenter de combler du temps, notamment en nous présentant des passages plutôt insignifiants - tel qu'un spectacle pour enfants au cours duquel le lapin se met à rapper - et qui font stagner inutilement l'histoire. On aurait voulu une intrigue plus soutenue, des blagues mieux fignolées et des protagonistes davantage inspirants, mais il semble que l'on doive se contenter d'un récit anonyme, qui respecte les conventions et la formule d'usage certes, mais qui n'ose jamais en sortir comme si le conservatisme était la clé d'un succès populaire (peut-être est-ce effectivement le cas, mais on ne peut cacher notre désappointement).

http://www.cinoche.com/films/detestable-moi/index.html
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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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