Affiche en français de Tueur à gage
© Twentieth Century Fox

Tueur à gages

Version en français
v.o.a. : Hitman
19 novembre 2007

Les infidèles

Photo Par Karl Filion
Toujours à la recherche d'idées, les scénaristes d'Hollywood se tournent depuis plusieurs années déjà vers les jeux vidéo pour trouver de l'inspiration. Et contrairement aux Resident Evil et Silent Hill de ce monde (virtuel) qui sont, au final, des kermesses sanguinolentes axées sur les effets visuels, Tueur à gages avait une vraie bonne histoire, un vrai bon personnage charismatique et mystérieux... gâchés tous les deux par un scénario stupide et une réalisation sans signature. Une trahison pure et simple de l'esprit du jeu.

L'Agent 47 est un tueur à gages entraîné à semer la mort à travers le monde au gré des contrats. Mais un jour qu'il travaille en Russie, il réalise qu'on l'a piégé et qu'un mystérieux commanditaire est à ses trousses et veut l'éliminer. Avec une prostituée ramassée au passage, il se lance à la poursuite de ceux qui veulent sa peau.

Si, dans le jeu, cet Agent 47 devait utiliser les outils mis à sa disposition et éviter de faire du bruit pour réussir ses missions, celui du film choisit la manière tonitruante : il défonce des portes et fait exploser tout ce qu'il peut. Les séquences de poursuites n'ont rien de nouveau à apporter au genre, d'autant qu'on a la très mauvaise idée d'installer le film dans un immense flash-back qui confirme ce qu'on savait déjà : il va s'en tirer. Toute la symbolique religieuse est à peine abordée et si les notes d'Ave Maria qui bercent le générique laissent croire à une certaine fraîcheur, on est vite déçu, il n'y a strictement rien d'original dans les aventures de ce Tueur à gages, si ce n'est le personnage central dont le terrible secret, révélé à la toute fin du jeu, n'est même pas abordé.

Timothy Olyphant demeure un acteur très charismatique, mais rien de très sérieux ne sort de sa bouche tout au long de ce long métrage d'une bêtise consumée qui achoppe sur des questions de juridictions et de si-j'avais-voulu-te-tuer-tu-serais-déjà-mort comme on en voit chaque semaine. Dougray Scott est particulièrement insignifiant en bon policier classique sans aucun intérêt pour l'histoire, déjà sabotée par les motivations sibyllines d'une ribambelle de Russes à l'accent prononcé. Des acteurs secondaires tous plus insipides les uns que les autres viennent faire leur baratin ou se faire assassiner avec la douceur et la délicatesse que requiert un film 13 ans et +.

Le terme « adaptation infidèle » a longtemps été réservé aux adaptations des classiques de la littérature, souvent gâchés par leur transposition au cinéma. Mais cette fois-ci, c'est l'esprit d'un jeu qu'on a trahi, et ses forces qu'on a complètement occultées. Dans son premier film, L'Agent 47 n'a rien de plus à offrir que James Bond ou Jason Bourne, d'autant que la réalisation de Xavier Gens est fade et sans inventivité. La musique aurait pu supporter efficacement le ballet de ces fusillades barbares et leur conférer une beauté artistique; mais c'était sans doute trop demander. La bande-annonce est plus satisfaisante.
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Photo Karl Filion

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