Affiche du film Histoires enchantées
© Buena Vista Canada

Histoires enchantées

Version en français
v.o.a. : Bedtime Stories
27 décembre 2008

À dormir debout

Photo Par Karl Filion
La coïncidence est beaucoup trop belle pour en être vraiment une. C'est le temps des Fêtes, les enfants sont en vacances, et arrive sur nos écrans Histoires enchantées, avec Adam Sandler. On peut déduire la suite : enfantin, simpliste, pas vulgaire du tout et très moralisateur. Tout pour que les adultes passent un long moment pénible et ennuyant. Mais les enfants, eux, risquent de s'émerveiller devant ces pluies de boules de gomme et ces héros impossibles. D'ailleurs, le film fait une grande place à une sous-histoire de direction d'hôtel, assez obscure finalement, qui vient nuire énormément à la magie du film. Histoires enchantées est un film trop compliqué pour les enfants, et trop simple pour leurs parents.

Skeeter Bronson travaille comme concierge dans l'hôtel fondé par son père. Lorsque ce dernier l'a vendu à M. Nottingham, l'acheteur lui a promis que son fils serait nommé directeur quand il serait grand. Alors que sa soeur Wendy, qui est directrice dans une école sur le point d'être démolie, doit partir en Arizona pour des entrevues d'emploi, elle demande à Skeeter de garder ses deux enfants. Malhabile, Skeeter a pourtant une qualité : il raconte de merveilleuses histoires, et les enfants participent lorsque vient le temps d'aller au lit. Et à chaque nouveau matin, Skeeter vit les éléments de l'histoire exactement comme les enfants les ont racontés la veille. Pourra-t-il s'en servir pour devenir le directeur de l'hôtel et séduire la jolie fille du patron?

Au-delà des clichés, au-delà des fins attendues et au-delà de l'agressant hamster aux grands yeux, Histoires enchantées est un film qui aurait dû être simple. Il ne l'est pas pourtant. Résumer l'histoire est beaucoup trop long, et les problèmes d'adultes auxquels est confronté Skeeter sont d'une lourdeur qui force les créateurs du film à utiliser le cochon d'inde pour désamorcer les séquences qui s'empêtrent trop longuement. Dès qu'il faut un gag, Moucheron est là; il peut courir sur un tapis roulant, se salir la figure de moutard ou péter; tout ce qu'on lui demande. C'est niaiseux, mais ça fait rire les enfants.

Sandler et l'ensemble de la distribution (qui inclut Guy Pearce, Keri Russell et Courteney Cox) sont somnambules pendant presque tout le film. Ils sont même parfois tout simplement endormis pendant que le récit se dévoile difficilement, jusqu'à une finale qui tombe dans un excès qu'on sentait arriver... Folle course en moto, chance inouïe et humour slapstick arrivent tous en même temps, comme si on ne pouvait pas s'en empêcher. Ah oui! et il a la fille aussi.

Non, vraiment, Histoires enchantées aurait pu être un nouveau Il était une fois; un regard neuf, moderne, sur les contes de fées et les histoires improbables imputables à Walt Disney depuis plusieurs décennies. Mais non, on a préféré la voie de la simplicité, brisant toutes règles cinématographiques au passage sans aucune cohérence. Au nom des enfants, qu'on semble de moins en moins bien saisir, dans la critique autant que dans les films. Des créatures étranges qui demandent une attention particulière et pour lesquelles je n'ai pas encore déterminé s'il était trop facile et/ou trop dur de les satisfaire. La réponse n'est pas pour cette fois-ci.
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Photo Karl Filion

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