Affiche du film Haut dans les airs
© Paramount Pictures

Haut dans les airs

Version en français
v.o.a. : Up in the Air
10 décembre 2009

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Photo Par Karl Filion

On dirait presque que le sous-titre de Up in the Air est : « un des meilleurs films de 2009 ». On lui accole presque partout; peut-être parce que son réalisateur a littéralement volé la vedette l'an dernier avec Juno, peut-être parce qu'il est impossible de ne pas aimer George Clooney, mais certainement parce qu'il est assez rafraîchissant de voir un film aborder, dans les cadres du cinéma populaire, des thématiques fortement connotées. Jason Reitman (qui a crié « encore lui! », au fond de la salle?) vise à nouveau juste avec ce sujet brûlant d'actualité, celui des coupures massives de postes et de leur côté humain. En pleine crise économique, disons que le moment pourrait difficilement être plus mal mieux choisi...

Ryan Bingham est un spécialiste des mises à pied. Il travaille pour une entreprise qui l'envoie à travers les États-Unis dans les entreprises qui souhaitent se débarrasser massivement d'employés. Lorsqu'une jeune femme, nouvellement engagée, propose de réaliser ce travail à distance, par internet, Ryan croit nécessaire de lui montrer le travail sur le terrain, pour qu'elle comprenne l'humanité derrière sa tâche. Pendant ce temps, Ryan, célibataire endurci, tente d'atteindre un plateau important dans sa carrière de passager : celui des 10 millions de miles. Et il fait même la rencontre d'une femme comme lui, toujours en transit...

Très peu d'acteurs sont capables de démontrer le charisme nécessaire, et bien moins encore peuvent atteindre ce délicat mélange de rigidité et de vulnérabilité qu'il faut pour que ce type de personnage existe « réellement » dans ce monde « fictif » qu'est le cinéma. Clooney le fait admirablement, toujours bien supporté par le reste de la distribution. L'humour l'aide d'ailleurs énormément. Le mérite de Reitman, en ce sens, est de ne jamais trop appuyer et de laisser le scénario convaincre, petit à petit, de sa cohérence, jusqu'à ce qu'on soit complètement accroché aux personnages et à leur petite vie. Le cinéma populaire a souvent été aussi simple que ça : des gens simples qui vivent des choses extraordinaires...

Cela ouvre toute grande la porte à l'émotion, présente par petites touches, mais qui ne fait jamais dévier le film de sa trajectoire. On ne s'étonnera pas, puisqu'il s'agissait « d'un des meilleurs films de 2009 », d'être ému après avoir tant ri lorsque le personnage atteint finalement son petit objectif de miles de récompenses. C'est bien anodin, et pourtant... cela fonctionne merveilleusement. Dommage que la finale s'étire inutilement dans une lancinante conclusion incapable d'être aussi honnête que l'était l'ensemble du film. Cette nécessité de tout vouloir régler, de vouloir clore définitivement le récit nuit ici grandement à Up in the Air, qui s'auto-suffisait sans le bonheur artificiel qu'on tente de créer.

Le film demeure, en y réfléchissant bien, « un des meilleurs films de 2009 ». Parce que 2009 a été une année bien moyenne, d'abord, mais aussi parce que le film est en effet pleinement satisfaisant, et qu'il est réalisé avec intelligence et talent. La mauvaise impression que laissent les dix dernières minutes ne devrait pas, dans un monde idéal, en affecter la qualité. C'est malheureusement (et évidemment) le cas, et on risque de le classer dans la catégorie des réussites rationnelles plutôt que dans celles des coups de coeur...

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Photo Karl Filion

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