Affiche du film Lakeview Terrace
© Sony Pictures

Harcelés

Version en français
v.o.a. : Lakeview Terrace
18 septembre 2008

(Pas si) bon voisinnage

Photo Par Karl Filion
Dès les premières minutes du film, on sent que quelque chose cloche. Cette manière, pas très subtile, qu'a Samuel L. Jackson - l'acteur qui surpasse même ses rôles - de s'agenouiller dès le réveil pour prier, de corriger ses enfants à tout instant, d'avoir toujours une arme sur lui, d'offrir en cadeau des livres sur les Noirs, d'observer ses voisins et d'être régulièrement en congé... C'est trop simple, vraiment trop facile, et même les efforts honnêtes des acteurs ne sauveront pas le film de son scénario bancal - un peu naïf, voire très - et de ses prétentions sociales maladroitement exprimées. Par impatience, tout simplement.

Chris et sa femme Lisa viennent d'emménager dans leur nouvelle maison sur Lakeview Circle. Leur voisin Abel, policier à Los Angeles, n'approuve pas leur relation interraciale et fera tout en son pouvoir pour les faire quitter le quartier. Quand Chris et Lisa sont réveillés en pleine nuit par les lumières de sécurité de leur voisin, on parle de désagrément, mais quand les pneus de leur voiture sont crevés, ils ne se sentent plus en sécurité.

On n'a pas du tout affaire à l'habituelle comédie des Fêtes et la compétition entre voisin pour les plus grosses décorations de Noël; cette fois-ci il est question de racisme, de religion et de sécurité. Des thèmes qui sont chers à l'Amérique mais qui sont abandonnés au profit d'un suspense laborieux. Même les personnages ne tiennent pas la route jusqu'au bout; Abel lui-même trahit son essence propre, installée non sans peine depuis le tout début du film, en organisant un bête enterrement de vie de garçon chez lui, avec strip-teaseuses et autres péchés. Incohérent, ridicule même. Cet homme de foi irait-il jusque là juste pour emmerder ses voisins? Jamais.

Patrick Wilson, qui était si efficace dans Les enfants de choeur, cherche apparemment ses repères dans cette histoire qui enchevêtre, en plus de la trame principale, la relation tendue entre Chris et le père de Lisa et son désir à elle d'avoir un bébé. Des éléments qui alourdissent inutilement une confrontation qui passe de bataille psychologique à intimidation pure et simple, un peu de la même manière que les feux qui font rage dans les environs de Lakeview Circle. Samuel L. Jackson vole la vedette dans la première partie du film et est convaincant jusqu'à ce que le scénario ne gâche tout.

Au final, Harcelés est une déception qui aurait facilement pu être évitée. Les acteurs ont certainement du potentiel et l'histoire aussi. Cette histoire fait pourtant de mauvais choix, en se débarrassant très maladroitement des enfants d'Abel et en misant sur deux ou trois coïncidences pour se terminer dans une confrontation physique beaucoup trop simple pour les immenses enjeux que le film choisit pourtant d'aborder de plein front. On aurait sans doute pu lui pardonner sa sottise si la finale avait été à la hauteur. On se sauve du larmoyant mélodrame, heureusement.
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Photo Karl Filion

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