Affiche du film H2: Halloween 2
© Alliance Vivafilm

Halloween II

Version en français
v.o.a. : Halloween II
28 août 2009

Le cheval blanc

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Le cinéma hollywoodien a une tendance aux remakes depuis quelques années, et l'horreur n'y échappe pas. Tous les meurtriers sanguinaires qui ont fait le succès de ce type de film y ont passé, de Leatherface à Jason Voohrees en passant évidemment par Michael Myers. Il y a sans contredit un public pour ce genre cinématographique, mais si vous n'êtes pas friands d'épouvante, de sang et de monstrueux homicides, Halloween II ne sera qu'une suite pathétique de violence gratuite et de nudité insignifiante.

Le sanguinaire meurtrier Michael Myers réussit à se sauver du fourgon qui le transportait jusqu'à la morgue. Il est décidé à retrouver sa soeur, qui lui a échappé un an plus tôt. Laurie Strode, alias Angel Myers, habite maintenant avec son amie Annie et le père de cette dernière, le shérif Brackett, dans une petite maison en campagne. Son sommeil est encore perturbé par le visage masqué de son agresseur et elle est suivie par une psychologue qui tente d'exorciser les démons qui la troublent.

Si le premier long métrage de Rob Zombie apportait un élément de nouveauté en nous dévoilant le passé du tueur, ses macabres origines; ce nouvel opus n'apporte rien de nouveau. Après environ une dizaine de films sur ce meurtrier masqué, on sent que le sujet s'épuise. La violence, les seins nus et les cris stridents de fillettes hystériques ne font qu'indiquer qu'Halloween II n'est qu'une excuse lamentable pour sombrer dans la bassesse humaine.

La mère du tueur revient à plusieurs reprises, comme une hallucination, accompagnée d'un immense cheval blanc, symbolisant sa violence et sa démence. Cet élément est ajouté de manière tellement malhabile et n'apporte tellement rien au récit de base que l'on imagine facilement que le réalisateur voulait accorder un rôle à sa femme et que le cheval lui est apparu sous l'influence d'une drogue quelconque. Bien que le suspense soit adroitement calibré pour faire sursauter fréquemment les spectateurs, le scénario est prévisible et insipide.

Pourquoi les victimes se réfugient-elles toujours dans des endroits sombres, clos et inquiétants? Pourquoi faut-il que le tueur marche paisiblement alors que ses proies s'époumonent? Pourquoi Michael Myers ne meurt jamais? Une balle dans la tête, un couteau dans la gorge, des coups de matraque, rien n'assomme ce géant. Ce qui dérange le plus, c'est qu'il n'y a aucun détail dans l'histoire de ce dernier qui puisse expliquer une telle « surnaturalité ». Bien que tous le croyaient mort, on réintroduit également son ancien psychiatre, qui a fait fortune avec l'histoire de son patient (il n'y a pas que Myers qui peut ressusciter, les personnages secondaires le peuvent également, il semble...).

Si un long métrage d'horreur apporte quelque chose de nouveau au cinéma, comme l'avait fait Décadence il y a quelques années, sa place est indéniable dans l'univers cinématographique. Halloween II n'a absolument rien à offrir de plus que tous ces classiques d'épouvante qui ont troublé les nuits de plus d'un. Seul le temps nous dira si Rob Zombie a raison de dire dans son scénario : « Le mauvais est le carburant qui nourrit le rêve américain. »

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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