Affiche du film Hairspray
© Alliance Atlantis Vivafilm

Hairspray

Version en français
v.o.a. : Hairspray
17 juillet 2007

L'art du kitsch

Photo Par Karl Filion
Il n'a jamais été question de révolutionner le cinéma avec les comédies musicales modernes. Après les petits bijoux Moulin Rouge! et Chicago, gagnant de six Oscars, Hollywood retrouve le genre qui lui a donné ses heures de gloire dans les années 50. Le réalisateur Adam Shankman (Une promenade inoubliable) s'attaque à un film qui a déjà été fait (par John Waters en 1988, et sur Broadway depuis) sans la prétention de révolutionner quoi que ce soit, pas même le genre, en proposant du bon vieux kitsch coloré et des chansons tout ce qu'il y a de plus attendu. Mais le tout est si bien rodé que Hairspray séduit.

Tracy Turnblad ne rate jamais une émission du Corny Collins Show, l'émission à la mode chez les jeunes de Baltimore en 1962. Et lorsque la station de télévision locale organise des auditions pour trouver une nouvelle danseuse, Tracy s'imagine déjà réalisant ses rêves à la télévision. Malgré son surplus de poids et les mises en garde de sa mère, Tracy compte bien faire sa place et en faire une pour les jeunes danseurs noirs qui sont exclus de l'émission.

Hairspray ne quitte jamais les couleurs pastel et sucrées qui ont fait la gloire des années 60, même pas quand il est question de sentiment. Dessinés grossièrement et illustrés en chansons, ils sont fortement appuyés et ne quittent jamais les lieux communs. Pourtant, la fraîcheur des excellents comédiens du film et les quelques blagues joyeusement dispersées dans le film font souvent sourire et partagent la bonne humeur attendue des comédies musicales à grand déploiement du même genre, qui s'inspire des immortels comme Grease et A Star is Born.

Même l'aspect naïvement moralisateur semble atténué par l'efficacité du réalisateur Adam Shankman, lui-même chorégraphe et danseur, qui dirige rigoureusement un récit apparemment trop long, qui a d'ailleurs quelques essoufflements en deuxième moitié.

La jeune vedette Nikki Blonsky se tire très bien d'affaire dans un premier rôle au grand écran; sans dire que sont ascension paraît plausible, disons qu'elle fonctionne, les pas de danse de l'adolescente étant suffisamment efficaces et surtout enjoués pour rendre le tout relativement crédible. John Travolta n'a pas beaucoup de temps pour convaincre dans son rôle de mère, tandis que les autres jeunes qui composent la distribution - Zac Efron, Elijah Kelley et Amanda Bynes - sont tous excellents.

Encore un film qui s'inscrit dans le courant de la post-modernité, avec un surplus de saveurs pétillantes, et de paillettes chatoyantes. Des chansons et de la danse, aussi, et quelques blagues subtiles insérées à travers un commentaire social bien présent. L'inspiration du passé et de sa gloire est palpable partout. Le mélange est efficace et bien dosé, l'esprit d'insouciance qui transpire du film étant tout à fait suffisant pour excuser les quelques longueurs d'un film qui a toutes les chances pour réussir et qui est plus ensoleillé que plusieurs des journées de l'été.
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Photo Karl Filion

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