Affiche du film  Ghost Rider : Esprit de vengeance
© Sony Pictures

Ghost Rider : Esprit de vengeance

Version en français
v.o.a. : Ghost Rider: Spirit of Vengeance
17 février 2012

L'homme en feu

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Ghost Rider, paru en 2006 et mettant en vedette un très malhabile Nicolas Cage, est, sans contredit, l'un des pires navets des années 2000. La question sur toutes les lèvres est, évidemment : pourquoi faire une suite à une oeuvre si critiquée, si absurde et médiocre? Malheureusement, je ne suis pas dans le secret des dieux et je ne peux résoudre ce mystère; ce que je sais avec certitude par contre c'est que la suite - Ghost Rider: Spirit of Vengeance - est aussi, si non plus, accablante (si c'est possible) que la version précédente. Cage, un acteur vieillissant - pour ne pas dire un « has-been » -, tente de fournir des armes à son personnage pour qu'il devienne crédible aux yeux des spectateurs, mais ses efforts sont vains et franchement, déprimants. Qu'il soit heureux, triste, contrarié, affolé ou excité, Johnny Blaze est impénétrable, froid, et cela même lorsqu'on lui rend son âme.

On sent que Ghost Rider: Spirit of Vengeance a tenté de s'inspirer de films de super-héros qui ont connu un succès notable dans les dernières années (tels que Watchmen et Kick-Ass), mais toutes les techniques, les détails qui faisaient l'individualité de ces oeuvres supérieures donnent à Ghost Rider des airs de parodie. Les images en dessins animés, les split-screens, les accélérés et tous ces personnages diaboliques aux morphologies douteuses nous donnent l'impression de regarder un vidéoclip d'un groupe heavy métal de second ordre. La plupart des effets spéciaux semblent bien exécutés, convaincants, mais ils ne sont pas particulièrement impressionnants et sont présents en si grande quantité qu'ils deviennent rapidement banals.

La puérilité des textes dépasse, quant à elle, l'entendement. Lorsqu'on nous lance des choses aussi obtuses que : « cet enfant est un programme informatique » ou « mon urine est un lance-flamme », on ne peut plus considérer la production avec le moindre sérieux. L'histoire dans son ensemble est absurde; un enfant, celui du diable mais issu d'une mère humaine ayant elle aussi fait l'erreur de faire confiance à Satan (personne ne leur a dit que c'était un mauvais plan au départ?), est pourchassé par des envoyés du Maître des ténèbres et la seule personne qui, semble-t-il, serait en mesure de le sauver est lui-même un démon, anciennement un ange déchu, fait de cendres, d'os et de feu. Lorsqu'on raconte un récit fantastique, rien ne nous oblige à être réaliste, logique, mais une certaine rigueur est tout de même de mise.

Comme dans le premier film, on a tenté d'ajouter quelques parcelles d'humour à cet univers démoniaque, probablement pour s'approcher de la caricature sans trop s'en imprégner. Seulement, les blagues sont très mal incorporées dans la narration et, au final, ne font rire personne - sauf les personnages, bien sûr. Encore une fois (comme c'est presque toujours le cas), la 3D se révèle complètement inutile; on la remarque au début, on l'oublie au milieu et l'assombrissement qu'elle provoque finit par nous déranger.

Nous ne saurons probablement jamais la véritable raison qui a poussé les producteurs de Ghost Rider à offrir une deuxième chance à Nicolas Cage et à son personnage de cascadeur démoniaque, ce dont nous sommes par contre convaincus, c'est qu'ils n'auront pas su la saisir.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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