Affiche du film  Gatsby le magnifique
© Warner Bros. Canada

Gatsby le magnifique

Version en français
v.o.a. : The Great Gatsby
v.o.a.s.-t.f. : Gatsby le magnifique
10 mai 2013

Tout pour elle

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

The Great Gatsby a été adapté au cinéma à quatre reprises, il s'agit d'un classique de la littérature, et pourtant, lorsque l'on regarde la version de Baz Luhrmann, on a l'étrange impression d'avoir à faire à une histoire quelconque, une histoire d'amour impossible sans grand éclat. Nous sommes tous conscients que Gatsby est plus que le simple héros d'un long métrage au budget cent fois millionnaire, mais ce sentiment d'incomplétude, de manque, persiste, malgré la somptuosité des images et leur aspect fantasque envoûtant.

Il faut 45 minutes avant que l'on comprenne véritablement le contexte et quel est le fondement de cette histoire que l'on nous sert avec tant d'emphase. Le narrateur devient pertinent au milieu du film, avant cela, il ne fait que décrire un monde extravagant auquel on cherche à s'accrocher sans trouver d'amarres. Et, comme on le fait communément dans les oeuvres cinématographiques inspirées de roman, le protagoniste est un auteur et écrit ce qu'il raconte au public. Parfois, cette technique est utile - des mots manuscrits qui défilent en alternance (souvent pour dévoiler le lustre des écrits originaux), l'image d'un artiste derrière sa machine à écrire hanté par des souvenirs percutants -, mais ici, elle devient rapidement clichée et superflue.

Les principaux problèmes de The Great Gatsby version 2013 se trouvent dans l'élaboration du scénario, dans la construction de la narration, parce que la réalisation colorée de Luhrmann, les décors et les costumes fastueux ainsi que le jeu acéré des acteurs principaux avaient de quoi promettre un grand film.

Certaines séquences sont excessivement efficaces, visuellement et narrativement. Les scènes de fête font partie de ces moments hypnotisants où le public a l'impression d'être transporté pour un bref instant dans l'extravagance des parvenus. Le réalisateur fait un travail tout à fait acceptable, même si on est loin de ses chefs d'oeuvre passés (Romeo + Juliet, Moulin Rouge!). La direction artistique, tout comme les responsables des costumes et des coiffures seront très probablement nominés lors de la prochaine cérémonie des Oscars, parce que, je le répète, esthétiquement parlant, The Great Gatsby est sans doute la merveille à laquelle nous nous attendions, celle qu'on nous avait promise; c'est au niveau du récit que le bât blesse.

Leonardo DiCaprio mérite d'être reconnu comme l'un des meilleurs acteurs de sa génération, et The Great Gatsby est l'un de ces nombreux exemples de l'ampleur de son talent. Son Gatsby est à la fois mystérieux, troublant, attachant et éloquent. Tobey Maguire s'avère, quant à lui, plutôt interchangeable, n'insufflant pas d'âme particulière à son personnage (mais peut-être est-ce l'intention). Carey Mulligan est magnifique, hypnotique, et Joel Edgerton nous amène à aimer l'haïr dès les premières secondes.

The Great Gatsby est donc partiellement réussi; un scénario mou, une histoire stérile qui est - heureusement - contre-balancée par une réalisation éclatante et des acteurs compétents. The Great Gatsby est tout de même divertissant, ce n'est tout simplement pas ce à qui nous nous attendions d'un cinéaste comme Luhrmann.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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