Affiche du film  Freeheld : Le combat de Laurel Hester
© Les Films Séville

Freeheld : Le combat de Laurel Hester

Version en français
v.o.a. : Freeheld
v.o.a.s.-t.f. : Freeheld
15 octobre 2015

Freeheld

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Freehled est la preuve qu'une bonne histoire ne donne pas nécessairement un bon film. Le portrait de ce couple de lesbiennes dans les années 1990 qui lutte afin que la première reçoive la pension de vieillesse de l'autre lorsque cette dernière trépassera des contrecoups d'un cancer en phase terminale qui la ronge depuis des mois en est un inspirant et touchant. Mais, au-delà de cette histoire empoignante et de cette démonstration de courage inexorable, il n'y a rien pour nous convaincre du bien-fondé d'une production cinématographique comme celle-ci.

Rationnellement parlant, nous sommes émus par la témérité de cette femme policière qui s'est battue, à la tombée de ses jours, pour apporter un soutien monétaire à sa conjointe, mais aussi pour l'égalité et la liberté d'identité. Mais nous ne le sommes pas par le film, nous le sommes par l'histoire. Un film ne doit pas être que le colporteur d'une histoire dramatique, il doit être son moteur et l'instigateur d'une pensée plus globale. Malheureusement ici, l'oeuvre de Peter Sollett ne joue pas son rôle de catalyseur. Son mélodrame est mou, désincarné et fade. Le drame biographique Milk de Gus Van Sant, par exemple, qui traitait également des droits des homosexuels, possédait cette souveraineté nécessaire à la prospérité d'une oeuvre cinématographique de ce type.

Les dialogues de Freehled sont mécaniques, et on ressent dans chacun d'eux l'enracinement d'une thématique bien précise qu'on s'efforce de nous enfoncer dans la gorge sans préavis. Le propos ne sert plus l'histoire ici puisque l'histoire est devenue le propos. Malgré le sceau de l'histoire vraie, on se questionne sur la validité des informations puisqu'elle nous paraît si artificielle et didactique.

Les performances époustouflantes de Julianne Moore et d'Ellen Page ne sont pas suffisantes pour épargner le film de sa superficialité. Les clichés abondent et on finit par ressentir le stéréotype jusque dans le jeu des personnages secondaires qui, étant de bonnes personnes, finiront tous par prendre la bonne décision, sauver leur réputation et combattre les injustices. Mentionnons que Steve Carell apporte une couleur différente à la production. Son personnage de juif gai prêchant pour le mariage entre personnes de même sexe insuffle une fraîcheur et une folie au film, et il en avait grand besoin. Malheureusement, cette ferveur est canalisée dans un même personnage, et les autres n'ont droit qu'à des bribes de personnalité, ce qui en fait un film bien mat.

Son manque d'inspiration a eu raison de lui. Le réalisateur a choisi une forme très scolaire, presque documentaire, de raconter son histoire, et a décidé, du même coup, d'abandonner l'émotion au profit d'un réalisme stérile. Freehled nous aura au moins prouvé que la force d'une histoire, l'émotion et le respect qui s'en dégage d'emblée, ne donne pas nécessairement un film réussi.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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