Affiche du film  Footloose
© Paramount Pictures

Footloose

Version en français
v.o.a. : Footloose
13 octobre 2011

La danse, ce fléau

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Les avantages du remake sont assez évidents; des fans déjà conquis, une armature narrative qui a jadis prouvé son efficacité et un travail facile sur la nostalgie du spectateur, mais les raisons qui poussent les créateurs à choisir une oeuvre en particulier et à la réinventer plutôt que de la poursuivre doivent transparaître un minimum dans le film, sans quoi on a l'impression, comme dans le cas de Footloose, qu'on se moque de notre bonne foi. Il n'y avait, au départ, rien d'exceptionnel dans le long métrage original pour qu'on insiste à en faire un autre; Footloose vieillit mal (peut-être est-ce d'ailleurs l'explication, mais laissez-moi en douter) et est loin d'être le récit le plus élaboré et original qu'a pondu Hollywood. De plus, plusieurs vous diront que ce film est un classique et qu'on ne doit pas toucher à ce genre de production mémorable - un a priori plutôt simpliste mais défendable.

Prise indépendamment de ses origines remontant au siècle dernier, l'histoire du film est assez élémentaire et rencontre rapidement ses limites - on parle tout de même d'une ville où, faute d'avoir le droit de danser, les jeunes font du Demolition derby pour passer le temps. La plupart des éléments qu'on a décidé de changer au sein de la narration dans cette nouvelle version - comme par exemple faire mourir la mère de Ren de la leucémie - ne font qu'ajouter un aspect mélodramatique futile ou alourdir inutilement le récit. Grâce au remake, on a la chance de moderniser, mais aussi d'améliorer, d'épurer, de perfectionner une oeuvre qui, souvent, a su toucher et inspirer une génération. Le film original ne renfermait pas beaucoup de séquences de danse et plutôt que de corriger le tir avec cette seconde mouture, les scénaristes ont cru bon d'ajouter nombre de moments d'apitoiement et de mélancolie plutôt que des chorégraphies rythmées.

Même si elles sont présentes en trop petite quantité, les scènes de danse sont généralement très efficaces et donnent immanquablement l'envie au public de se déhancher. La recette du succès d'une telle production était pourtant si évidente - et à voir l'aptitude des chorégraphies et la compétence du choix des pièces musicales, les producteurs en étaient aussi conscients - que nous sommes en droit de nous demander pourquoi le résultat est si peu convaincant. Les premières minutes nous promettent pourtant une adaptation intéressante en nous présentant les pieds de danseurs disparates (comme dans la version initiale) et une fête aux couleurs contemporaines. Mais le tout se gâche rapidement lorsque le révérend entame ce fameux discours ecclésiastique pour empêcher les jeunes de se débaucher.

Footloose
manque de personnalité; il est trop accroché à ses racines et ne réussit pas à s'émanciper, à se distinguer suffisamment. Les acteurs, quant à eux, livrent une performance respectable - même si aucun d'entre eux n'a l'air d'avoir véritablement 18 ans - et certains passages humoristiques parviennent à nous décrocher un sourire, mais nous sommes encore bien loin de la productivité. Par contre, si des recruteurs de country, des professeurs de danses en ligne se postaient à la sortie des salles pour offrir des cours, plus d'un cinéphile (moi la première) se laisserait convaincre facilement après avoir vu Footloose.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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