Affiche du film  Focus
© Warner bros. Canada

Focus

Version en français
v.o.a. : Focus
26 février 2015

Flou artistique

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Focus est vraiment un film étrange. On dirait qu'il possède tous les éléments nécessaires à son succès et que pourtant il échoue lamentablement. Il semble vouloir déjouer le spectateur, détourner son attention vers autre chose pour lui voler ses repères et ensuite l'exposer à la réalité, mais il y arrive très mal. Il joue avec les flous, les non-dits, les suppositions, les doutes, les fausses conjectures, mais il s'efforce avec tellement d'obstination à tout dissimuler et ne laisser aux spectateurs que quelques bribes d'histoire qu'il perd rapidement leur attention. La volonté des scénaristes/réalisateurs était visiblement d'intriguer et d'étonner le cinéphile, mais leurs innombrables entourloupes ont plutôt l'effet contraire. Quand l'intrigue se conclut enfin, nous n'avons malheureusement plus aucun intérêt pour le destin des protagonistes.

Cet univers nébuleux a également un effet négatif sur l'aspect plus romantique du film. On ne croit jamais vraiment en l'amour que porte le personnage de Will Smith pour celui de Margot Robbie. Même à la fin, on ne sait pas exactement pourquoi ils s'aiment et ce qui motivent leur réunion, trois ans après une séparation énigmatique en Nouvelle-Orléans. Même si Smith et Robbie sont magnifiques physiquement, qu'ils sont tous les deux attirants, la magie n'opère pas. Il n'y a jamais de chimie entre les deux protagonistes. Comme à de nombreuses reprises on remet en doutes volontairement le désir et l'attachement qu'ils ont l'un pour l'autre, le public n'a pas la chance de ressentir cette affection qu'il porte généralement à un couple de jeunes amants séduisants au cinéma.

Le film - toujours principalement en raison de son atmosphère cabalistique - souffre de nombreuses longueurs. La scène des paris lors de la partie de football est interminable (même si on comprend plus tard pourquoi elle est si longue), et les quelques séquences où Smith tente de reconquérir Robbie en Argentine sont aussi, pour la plupart, superflues. Il semble qu'on a voulu enduire le long métrage d'une énorme quantité de dialogues, mais on ne comprend pas tout à fait leur utilité au sein d'un récit comme celui-ci.

La bande sonore vient un peu sauver la mise. La musique - discrète, mais toujours présente - justifie et enrichit ce mystère qui, malheureusement, narrativement finit par nous étouffer. Les robes que portent Robbie et les coiffures qu'elle arbore sont également magnifiques, mais ne sont pas suffisantes pour pardonner les trous dans le scénario.

Il serait probablement cliché de dire que le film manque de focus, mais c'est vraiment ainsi qu'on peut le décrire le mieux. Le long métrage cherche à nous berner, à nous envoyer sur d'innombrables fausses pistes, mais il oublie de nous captiver. Dommage, puisque si John Requa et Glenn Ficarra étaient arrivés à nous hypnotiser comme ils avaient, j'imagine, l'intention de le faire, le résultat aurait été brillant. Mais, nous devons nous contenter aujourd'hui de ce manque de focus...

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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