Affiche du film  Fiston
© Remstar

Fiston

Version originale en français
27 mars 2014

Poursuivre des chimères

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Une comédie romantique dans laquelle un adolescent, épris de la plus belle fille de son école, sollicite l'aide d'un vieux célibataire qui a déjà séduit la mère de la jeune femme en question à une certaine époque n'était pas une idée complètement loufoque... C'est plutôt la manière dont la chose est amenée qui l'est. D'abord, le personnage interprété par l'humoriste français Kev Adams est assez peu crédible, tout comme celui qu'incarne Dubosc avec bien peu de personnalité. Si ce n'était que d'une interprétation fade des acteurs/humoristes, l'oeuvre n'aurait pas été aussi lourde; c'est plutôt au niveau du scénario, de la structure et du rythme que le bât blesse.

Comme nous l'avons déjà dit, malgré une histoire très peu originale, il y avait tout de même du potentiel dans cette idylle juvénile. Chaque génération a ses classiques du genre et certains d'entre eux sont assez réussis pour prouver que ces récits ne se démodent pas. Mais, Fiston n'a pas les reins suffisamment solides pour devenir l'emblème d'une génération (comme 10 Things I Hate About You l'a été pour la mienne, et Sixteen Candles, pour une autre). Le film de Pascal Bourdiaux manque d'unicité, tant dans ses thèmes abordés que dans ses dialogues, souvent convenus et prévisibles.

On a choisi un humour cabotin, parfois vulgaire, souvent stérile. Les analogies sexuelles du genre « je dois nourrir ma chatte » sont peut-être rigolotes à 3h du matin dans un party de bureau bien arrosé lorsqu'elles sont prononcées par la secrétaire coincée, mais elles n'ont pas leur place dans un film sérieux de cette envergure. L'aspect comique passe aussi beaucoup par le montage. On nous propose une situation et on la défait par la suite en nous indiquant, par exemple, qu'il s'agit d'un rêve (oui, oui, cette technique est encore utilisée aujourd'hui, et, si on en croit les réactions des spectateurs dans la salle, certains néophytes se font encore avoir par cette pratique datant de Matusalem). Nous avons aussi droit à des flashbacks imaginés et narrés par les personnages et des regards à la caméra qui parasitent la fiction, déjà considérablement amochée par ses propres faux pas.

Il y a aussi énormément de questionnements sans réponse dans Fiston. Les raisons qui poussent le personnage de Dubosc à fraterniser avec celui d'Adams sont plutôt nébuleuses, tout comme ses théories de séduction misogynes, et l'intérêt de la plus belle fille de l'école pour l'adolescent échevelé change de façon drastique et insensée. Fiston est aussi excessivement prévisible. Même si on espère ne pas avoir deviné la fin dès les premières minutes, que l'oeuvre aura assez de nerfs pour nous étonner, nous ne pouvons nous résoudre qu'à l'incorrigible vérité : Fiston est prévisible. Mais, encore là, si ce n'était qu'une question de prévisibilité, on pourrait s'en remettre et passer outre, mais ce sont toutes ces autres choses qui dérangent et brouillent le portrait. Toutes ces choses qui nous font grincer des dents et regretter 10 Things I Hate About You et Sixteen Candles.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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