Affiche de Evan le tout-puissant
© Universal Pictures

Evan le tout-puissant

Version en français
v.o.a. : Evan Almighty
22 juin 2007

Un peu de Viagra?

Photo Par Karl Filion
Il est clair qu'Evan le tout-puissant n'a pas reçu l'inspiration divine. Une comédie disproportionnée qui n'a que deux ou trois bon gags et encore moins de personnages de valeur. Carell n'y est pas du tout, et à moins d'apprécier l'humour animal le film n'est jamais autre chose qu'un message biblique à gros budget. Question de rétablir les vraies valeurs.

Evan Baxter et sa petite famille se rendent à Washington pour emménager dans leur nouvelle maison. C'est qu'Evan vient d'être élu au Congrès, et il compte bien respecter sa promesse électorale : « Changer le monde ». Dieu va le prendre au pied de la lettre et lui donner la chance en lui proposant de bâtir une arche pour sauver l'humanité du déluge imminent.

Avec ses discours environnementalistes et fatalistes et ses commentaires sur l'éclatement de la famille, Evan le tout-puissant n'entend pas à rire. En fait si, mais il n'y parvient pas. Les gags sont rapidement désarmorcés par ce ton moralisateur qui souligne sans grande subtilité les grandes lignes d'un scénario réduit au possible. Et c'est sur les épaules de Steve Carell, un acteur de talent, que repose le film. Mais il n'a pas l'efficacité de Jim Carrey pour le comique, d'autant qu'il n'a pas de pouvoirs à proprement parler et qu'il ne peut que « subir » les événements. Il est la victime des attaques du monde animal; une blague redondante qui n'était même pas si bonne que ça la première fois.

Les apparitions de Morgan Freeman offrent les seuls moments de créativité du film; tout le reste se passe sans heurt majeur mais sans véritable rire franc. L'histoire pourrait être efficace dans une intention dramatique, mais rien à faire quand des personnages secondaires cabotins lancent boutade après boutade, sans grand succès d'ailleurs. Sans saveur, ils sont souvent des clichés ambulants, prévisibles et redondants.

Ne prêtons pas tout de suite aux Américains responsables de ce pamphlet pour la foi des intentions d'éducation guidée et de manipulation. Ce serait trop intelligent. D'autant que si la prière et l'existence de Dieu sont le point de départ du film de Tom Shadyac, ce n'est encore une fois qu'un prétexte pour raconter une histoire.

Evan le tout-puissant aurait certainement besoin d'un peu d'aide pour reprendre de la vigueur. Si la médecine propose déjà ses solutions, les méthodes naturelles existent encore et ont des résultats encore plus probants. Un bon scénario sera toujours plus efficace que des effets spéciaux surexploités, un peu de créativité donnera toujours l'élément qui manque à une super-production d'été pour convaincre ses spectateurs que ce n'est pas que la foi qui en a guidé la production, mais la bonne foi.
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Photo Karl Filion

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