Affiche du film  Être Llewyn Davis
© Métropole Films Distribution

Être Llewyn Davis

Version en français
v.o.a. : Inside Llewyn Davis
v.o.a.s.-t.f. : Être Llewyn Davis
24 décembre 2013

Un film magnifique

Photo Par Karl Filion

Un film magnifique.

J'ai eu envie de terminer cette critique juste là, après ces quelques mots. Parce que c'est Noël mais aussi juste parce que. Au fond, que vous faut-il savoir de plus? Inside Llewyn Davis est un film magnifique. Vous faut-il savoir qu'il est l'un des plus accessibles des frères Joel et Ethan Coen? Qu'on y découvre progressivement une humanité touchante et crédible à travers une galerie de personnages finement écrits et interprétés? Qu'on y pénètre comme au coeur de l'Amérique, dans une exploration mystico-socio-artisitique et évoque autant les mythes fondateurs que les balbutiements d'une révolution sociale au coeur de Greenwich Village?

Ce personnage de loser attachant - incarné magistralement par Oscar Isaac - qui squatte un sofa après l'autre dans un hiver new-yorkais d'une époque qui semble attendre quelque chose pour se transformer (voir le dénouement du film, Farewell) est notre compagnon dans ce « road movie » où la route est aussi un cheminement artisitique, et qu'il ne mène nulle part. Les dialogues y sont d'une délicatesse infinie, d'une maturité qui est aussi le signe de grands scénaristes. On ne s'étonne pas de - au contraire, on se plaît à - découvrir une galerie de personnages secondaires évocateurs et truculents, incarnés par des acteurs déstabilisants, en particulier un John Goodman plus grand que nature. Même Carey Mulligan y trouve un rôle plus mature et plus marquant qu'à l'habitude.

Malgré la musique folk d'une mélancolie infinie, Inside Llewyn Davis est souvent une comédie telle que les Coen en font; humour de situations subtil, ironie et références au cinéma forment un humour unique et déstabilisant, qui et d'autant plus fort que le film est construit sur un sous-texte d'évènements tragiques (suicide, avortement, overdose, ne pas avoir de manteau d'hiver) qui ne se laisse pas oublier mais qui évite le mélo. Llewyn est l'artiste de son propre malheur, ce qui donne lieu à une suite de situations cocasses, souvent quasi-grotesques, qui se mélange avec la douceur des guitares et des accords pour rendre ce film vibrant et engageant. Et profondément cinématographique.

Un film qui sait prendre des pauses, qui traduit en poésie cinématographique la poésie de sa musique (ou en ironie son ironie, voir P-P-P-Please Mr. Kennedy) et qui est la preuve que ces cinéastes-là, malgré quelques égarements ces dernières années, en sont des grands. Cette histoire laisse son empreinte sur nous pour sa cohérence globale, la force de ses personnages et la délicatesse de son récit, une exploration philosophique et artistique de l'être humain. Un film magnifique, on vous dit.

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Photo Karl Filion

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