Affiche du film  Éternelle Adaline
© Les Films Séville

Éternelle Adaline

Version en français
v.o.a. : The Age of Adaline
23 avril 2015

Tour d'ivoire

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Ces histoires d'amour qui mélangent fantastique et réalisme ont généralement la cote auprès d'une clientèle féminine romantique. The Age of Adaline avait, dans sa prémisse, suffisamment d'éléments mystérieux et sentimentaux pour convaincre son public cible de sa valeur. Cette femme qui, à cause d'un accident de voiture et la force électromagnétique d'un éclair, arrête de vieillir et doit accepter sa condition jusqu'à fuir tous les dix ans dans une nouvelle ville pour éviter d'éveiller les soupçons de ses voisins était une proposition intéressante, malgré son stéréotype inhérent. Malheureusement, le film ne peut s'empêcher de surexpliquer et de se morfondre de sa propre mythologie.

Une femme de 29 ans a cessé de vieillir un soir où il neigeait en Californie. Il n'est pas nécessaire de commenter en long et en large les circonstances qui ont fait d'elle une immortelle. Quand on essaie de démontrer scientifiquement quelque chose qui ne peut être expliqué que par l'ésotérisme, on finit invariablement par se perdre dans ses arguments. Le film aurait profité d'une plus grande nébulosité, parce que dès que le narrateur prend le contrôle de l'histoire pour démystifier la situation et l'expliquer par des théories objectives, le film perd de son caractère « magique » et le spectateur recule.

Le fait que l'héroïne s'éprenne du père et du fils (à des périodes différentes, mais quand même) ne semble pas causer beaucoup de tracas aux scénaristes. Son physique ne change peut-être pas, mais sa morale n'est-elle pas affectée par le fait que l'homme dont elle est follement éprise s'avère être le fils adulte de l'un des ses anciens amants, un homme qu'elle a failli épouser? On retrouve dans The Age of Adaline quelques-unes de ces incohérences qui nous empêchent d'apprécier l'intrigue dans son ensemble. On aurait pu espérer également davantage de personnalité dans la réalisation de Lee Toland Krieger. Le montage s'avère acceptable, mais manque de rythme à certains endroits et précipite l'action à d'autres.

Reste qu'il y a certains passages très touchants dans The Age of Adaline. Cette protagoniste forcée à la solitude entraîne une sympathie de la part du spectateur dont il a du mal à se défaire, même si l'histoire emprunte parfois des avenues discutables. Il y a même une séquence en particulier où il est assez difficile de ne pas pleurer. Il ne s'agit pourtant pas d'un tournant clé dans l'histoire, mais la scène en question arrive à émouvoir d'une façon troublante.

Blake Lively a bien du mal à se défaire de l'image de « la fille de Gossip Girl », mais elle arrive ici à nous convaincre suffisamment de la légitimité de son personnage pour qu'on oublie momentanément ses expériences passées. Harrison Ford et Michiel Huisman, père et fils, livrent une performance honnête, même si leurs interprétations ne sont pas à la hauteur de celle de Lively qui, à travers sa grâce intemporelle et son charisme permet aux cinéphiles de s'attacher à son alter ego immortel.

The Age of Adaline s'avère décent, mais sans plus. Si on s'était retenu de surexpliquer à l'excès la trame narrative par des détails inutiles et des données rationnelles, peut-être que le film aurait été plus perméable, mais, tristement, on se rend bien vite à l'évidence : l'éternité n'est pas aisée à raconter.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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