Affiche du film  Et si jamais
© Les Films Séville

Et si jamais

Version en français
v.o.a. : The F Word
20 août 2014

Love is a stupid monkey

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

The F Word a été mon coup de coeur du TIFF l'an dernier. Je suis, sans équivoque, tombée sous le charme de cette délicieuse comédie romantique de Michael Dowse. Le film est même parvenu à me faire considérer Daniel Radcliffe comme un homme infiniment séduisant, ce qui n'est pas une mince tâche (désolée Daniel). J'avais donc très hâte de revoir ce petit bijou cinématographique qui m'avait tant séduite. Mais quelle ne fut pas ma surprise de réaliser qu'il ne s'agissait plus tout à fait du même film. Des scènes clés ont été retirées complètement et un épilogue bonbon a été ajouté à la séquence finale présentée au TIFF. Mon emballement (je conseillais ce film à toutes les filles, le comparant même à la perle qu'est (500) Days of Summer) s'est donc vite dissipé pour se transformer en une profonde déception.

L'histoire reste quand même la même; celle de deux jeunes adultes qui se rencontrent dans une fête organisée par une connaissance commune et qui développent rapidement des sentiments l'un pour l'autre. Mais comme la fille a un copain dont elle est amoureuse, elle tente d'établir avec le garçon une relation d'amitié afin qu'il ne quitte pas sa vie définitivement. Le sujet, bien que simpliste, s'avère dramatiquement et émotionnellement intéressant. Cette « friendzone » dont on parle comme d'une calamité pour tout futur développement amoureux en est une favorable aux situations humoristiques et la source d'une réflexion pertinente sur les relations interpersonnelles.

Bien qu'on parle beaucoup trop de matières fécales (dans toutes les déclinaisons possibles et inimaginables) - probablement pour attirer un jeune public encore partiellement dans sa phase anale -, les dialogues sont amusants et suffisamment ludiques pour qu'un sourire s'installe sur notre visage pendant une heure trente. L'hyperbole et l'ironie sont les principales armes de The F Word et elles s'avèrent suffisamment affutées pour toucher directement le coeur de son public de romantiques. Certains effets spéciaux (comme l'ajout de quelques animations) apportent aussi une certaine folie dont la production sait tirer profit.

Comme il est coutume dans ce genre de films, les personnages secondaires sont les pourvoyeurs de la comédie. Ils sont loufoques, pour la plupart, et habilement intégrés à la production. Les deux protagonistes s'avèrent aussi très drôles dans leurs mots et dans leurs gestes. Radcliffe prouve ici qu'il peut être le héros d'une comédie romantique, même si son visage - plus mature, mais encore espiègle - nous rappellera toujours Harry Potter. Zoe Kazan fait aussi un travail impeccable dans l'interprétation d'une jeune femme dont le coeur est écartelé entre l'amour de deux hommes. La chimie, essentielle dans le succès de ce genre de films, opère dès les premières minutes. Il nous en faut peu pour croire en l'affection qui se développe entre ces deux inconnus.

Si vous ne considérez pas les trois ou quatre dernières minutes, The F Word est un petit film remarquable qui saura invariablement charmer ceux celles qui se laissent transporter par l'amour naissant de ces deux amis. Par contre, il n'en faut pas beaucoup pour briser ce parfait assemblage et la séquence finale a raison de sa fraîcheur et de sa spontanéité si séduisante.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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