Affiche du film  En solitaire
© Métropole Films Distribution

En solitaire

Version originale en français
17 avril 2014

Passager clandestin

Photo Par Karl Filion

Directeur de la photographie expérimenté, Christophe Offenstein réalise avec En solitaire un premier long métrage de fiction, qu'il a aussi scénarisé. Le récit se déroule pendant le Vendée Globe, une course autour du monde en voilier monocoque, en solitaire et sans escale, lancée tous les quatre ans de Sables-d'Olonne, en France. Il a fallu 109 jours au premier vainqueur pour remporter la course, en 1990, et 78 jours au plus récent, en 2013. Une épreuve sportive très cinématographique que cette idée d'affronter les défis de la navigation, dont tire pleinement profit le réalisateur dans son film.

C'est là l'intérêt principal d'En solitaire : le long métrage démontre une maîtrise certaine de l'aspect sportif et de la tension très cinématographique qui découle d'un tour du monde en bateau et en solo. Même si on se doute avant même d'entrer dans la salle que l'intégrité physique du héros ne sera jamais véritablement menacée (c'est les aléas du cinéma populaire), les moments de tension que propose le scénario fonctionnent bien, le danger est constant et bien construit autour de cette course très exigeante. Le contexte du Vendée Globe se prête particulièrement bien à un film d'aventures, évidemment vu les nombreux défis qu'il comporte et l'exploit sportif nécessaire pour l'accomplir (et encore plus pour le remporter).

Le récit se perd cependant lorsqu'il retrouve la terre ferme, là où l'attendent la femme et la fille de notre héros, Yann Kermadec, et dont les problèmes personnels ou scolaires font bien pâles figure face aux orages et aux marées que doit affronter le protagoniste. La présence d'un passager clandestin à bord demeure assez anecdotique malgré tout.

Car tout est dans le contexte : En solitaire aborde des thèmes de films sportifs conventionnels, mais dans un contexte inédit, comme il le fait d'ailleurs avec les thèmes de l'immigration illégale, d'espoir d'une vie meilleure. Sans cette mise en situation unique, le tout serait assez convenu. Comme la finale, qui déçoit.

François Cluzet est ici fidèle à lui-même, c'est-à-dire plus grand que nature, grandiloquent dans ce que ce mot a de positif (la situation s'y prête), et quand le film aborde des sujets moraux comme l'honneur, le dépassement sportif, l'entraide (tous des grands thèmes), Cluzet est là, à cette hauteur, sans complexe et sans gêne. C'était à la fois prévisible et nécessaire; c'est un acteur comme ça, intense et dédié, qui a ici à porter un film entier sur ses épaules. Pas le choix, les autres acteurs sont assez peu importants dans tout ça.

En solitaire est donc un film tout à fait compétent et cohérent, qui manque peut-être de passion et d'ampleur sociale pour véritablement marquer les mémoires. Il demeure assez bien construit et tout à fait professionnel.

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Photo Karl Filion

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