Affiche du film  Emprise sur la ville
© Les Films Séville

Emprise sur la ville

Version en français
v.o.a. : Broken City
17 janvier 2013

Pour la forme

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Ouf... J'en suis présentement à me demander pour quelles raisons j'accorderais l'étoile et demi que je m'apprête à attribuer à ce film inodore, incolore et sans saveur. Pour l'effort? Y'a-t-il vraiment eu un effort de déployé pour brosser le portrait de ces personnages permutables, clichés et, la plupart du temps, complètement inutiles à la progression du récit? De toute évidence, non. Alors pour le jeu des acteurs? Les pauvres Wahlberg, Crowe et Zeta-Jones ne peuvent sauver la mise de cette histoire ennuyante et beaucoup trop complexe qui - je l'espère - était probablement plus intéressante sur papier. La réalisation? Si Allen Hughes, également responsable du tiède Book of Eli, avait su user d'un peu plus d'imagination, et d'éloquence dans son montage, le film n'aurait peut-être pas semblé si amateur, mais, malheureusement, il s'est contenté d'une direction froide et détachée qui contribue à la confusion générale.

Comme le précise si bien le film : « Une tête doit tomber, quelqu'un doit payer pour ce crime », et je blâme ici le scénariste, l'architecte de cette histoire aux limites de l'absurde qui prend les spectateurs pour des imbéciles du début à la fin. Bien sûr, c'est facile d'accuser une personne en particulier et de mettre la faute sur un pion alors que tout l'échiquier est responsable, mais la genèse du problème se situe définitivement au niveau des textes. Après une heure, les spectateurs sont complètement dans le néant, on ne comprend absolument rien de ce qui se passe à l'écran, et ce n'est pas qu'une question de complexité narrative ou d'imbroglio, c'est une totale absence de sens et de structure qui empêche le public de comprendre et d'apprécier le long métrage.

Il est possible de faire des suspenses politiques pertinents, intrigants et intelligents, The Ides of March nous l'a même prouvé en 2011, alors pourquoi se tourner vers des intrigues de complots, de corruptions et de magouilles aussi futiles que celle-là? Pourquoi un ex-policier alcoolique, un maire de New York corrompu et son adversaire homosexuel aux ambitions pures? Pourquoi des personnages si stéréotypés et peu crédibles que ceux-là? On ajoute, en plus, à cette panoplie de protagonistes nuisibles (et on ne parle même pas ici de la copine du héros, comédienne qui, à cause d'une scène de sexe dans un de ses films, fait replonger son amoureux dans l'alcool), une absurde poursuite en voiture, un meurtre injustifié (ou peut-être est-il justifié mais personne n'en comprend les fondements) et un viol suivi d'un assassinat nébuleux qui font office de prémisses.

Il est aussi préférable de ne pas s'attarder aux nombreuses incongruités de l'intrigue, aux hasards qui parviennent à résoudre bien des problèmes. Un détective privé qui ne réalise pas qu'il est suivi, des papiers d'une importance capitale qui ne sont pas déchiquetés mais jetés simplement dans la poubelle et la première dame, suivie par des gardes du corps en permanence, qui brûle sa couverture à cause d'un agent caché dans les buissons avec une caméra. Toutes des choses qui nous amènent à douter des intentions du scénariste.

Disons donc que l'étoile et demie, accordée à ce film, sera pour la forme. Parce qu'il y en a eu des pires et il y en aura encore... malheureusement.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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