Affiche du film Duplicité
© Universal Pictures

Duplicité

Version en français
v.o.a. : Duplicity
19 mars 2009

Double séduction

Photo Par Karl Filion

Après l'aride Michael Clayton, le réalisateur Tony Gilroy s'attaque à un film plus chaleureux, plus dynamique, plus « grand public avec des vedettes » - Julia Roberts et Clive Owen, qui ont joué ensemble dans Closer - et une intrigue savamment ficelée, rigoureuse et intelligente... de laquelle le spectateur est complètement exclu. C'est-à-dire qu'il n'a pas les clés pour dénouer l'intriguer comme le ferait un De Palma, par exemple. Alors, excepté pour le soleil et les luxueuses chambres d'hôtel, Duplicité est un divertissement manipulateur avec de belles personnes et beaucoup de rêve; du cinéma, quoi, le tout rehaussé d'une réalisation jazzée audacieuse.

Un ancien agent du MI6 et une ancienne agente de la CIA travaillent pour le compte de deux grandes firmes américaines rivales, Equikrom et Burkett & Randall, afin de subtiliser leurs secrets industriels. Lorsque Burkett & Randall annonce la commercialisation d'un produit révolutionnaire, leur plan, élaboré il y a plusieurs mois, peut se mettre en marche. Il s'agira de s'approprier le secret de ce nouveau produit sans se faire prendre, mais sans se faire confiance non plus.

Conçu dans le moule d'un L'inconnu de Las Vegas... non, plutôt dans celui d'un Le retour de Danny Ocean, c'est-à-dire un peu malhonnête mais certainement divertissant, Duplicité s'avère être un film de qualité, pouvant compter sur la réalisation compétente de Tony Gilroy. Ce dernier, voulant peut-être innover, se permet quelques digressions en transformant l'écran en véritable table de air hockey, où les images, parfois sur un écran fragmenté, glissent sur un fond noir. Cette idée, intrigante à tout le moins, ne fonctionne pas particulièrement bien, ralentissant inutilement le rythme du film.

Malgré tout, les deux comédiens principaux, Owen et Roberts, sont en pleine possession de leurs moyens, justes et vifs, charismatiques et convaincants. Pour peu, on croirait que le film a été conçu pour eux, pour les mettre en vedette et faire plein, plein d'argent...

L'intérêt de voir des personnes intelligentes se livrer une lutte sans merci est justement le fait qu'elles sont intelligentes. C'est stimulant pour l'esprit jusqu'à la fin, alors que le mystère est dévoilé; plus intelligent encore, mais auquel on n'a pas accès de la salle de cinéma. Voilà qui fait la différence entre satisfaction et émerveillement devant un film comme Duplicité; au cinéma, on peut aisément admettre qu'on a été manipulé pendant un peu plus de deux heures, mais il faut avoir été en mesure de participer, sinon les règles du jeu (et le plaisir du même coup) sont tronquées. Divertissement et cinéma de qualité, comme quoi les deux peuvent, à l'occasion mais pas toujours, aller de paire, mais de là à crier au chef-d'oeuvre, peut-être pas.

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Photo Karl Filion

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