Affiche du film Dragonball Evolution
© 20th Century Fox

Dragonball: Évolution

Version en français
v.o.a. : Dragonball: Evolution
11 avril 2009

Grosses boules, petite tête

Photo Par Karl Filion

Dragonball : Évolution est possiblement l'un des plus mauvais films depuis Plan 9 From Outer Space, de l'illustre Ed Wood. Techniquement ridicule, affreusement, mais affreusement mauvais, le film ne se prend pas au sérieux deux secondes (c'est bien ce qui lui permet de ne pas imploser) et occis toute une mythologie qui était pourtant fascinante. Le problème ce n'est pas de s'éloigner de l'histoire originale mais de la remplacer par une farce, une blague, une première version de scénario de cours de cinéma de secondaire 5. On la remplace en fait par une suite insultante de clichés de films pour pré-ados, avec des effets spéciaux ridicules. De la télévision de samedi matin, au mieux. C'est les Powers Rangers mais en plus long.

L'adolescent Goku suit les enseignements en auto-défense de son grand-père, qui lui remet une boule à quatre étoiles qu'on nomme « dragonball ». Si les sept dragonballs sont réunies, leur possesseur peut faire un voeu. Maltraité à l'école, Goku essaie de parler à Chichi, mais sera en même temps impliqué dans une quête pour réunir les boules et sauver le monde du méchant Piccolo, être suprême qui vient de s'évader d'on ne sait où, on ne sait comment. Ne manque plus qu'Ashley, Stacy et c'est Les feux de l'amour.

Piccolo qui donne aussi du sang à quelque chose sans qu'on ne sache quoi et qui a une ridicule assistante qui fait tout le travail pour lui. Les personnages sont des parodies cabotines désagréables stéréotypées et bêtes. Les comédiens, qui ont étonnamment l'air contents d'être là, se défendent comme ils peuvent face à cette suite ridicule d'insignifiances sans grand intérêt. Difficile de s'expliquer comment on peut en arriver là; même en étant de profonde mauvaise foi, il est difficile de croire que personne, de la pré-production à la post-production, n'a fait fermer ce plateau pour cause de stupidité. Il doit y avoir un pari perdu derrière ça. Même les éboulis de roches sont inoffensifs.

Si toute la faute pourrait aller au scénariste sans problème, elle va aussi au réalisateur James Wong, qui fait littéralement n'importe quoi. Sa caméra est confuse, le montage est insupportable et les combats sans intérêt.

En fait, Dragonball : Évolution est tellement mauvais qu'il est fascinant; le film étonne parfois en repoussant les limites du ridicule, d'autant que la scène finale, inaccessible à quiconque n'a pas lu les mangas, est d'un ennui mortel, comme l'ensemble des combats. Le scénario peu inventif n'avait qu'à se servir dans les nombreuses possibilités qu'offrait l'oeuvre d'Akira Toriyama, une oeuvre à la mythologie forte, au propos aiguisé et un divertissement efficace. À vouloir trop en extraire les morales, on les a travesties. « La clé est en toi », bla bla bla. On en a plutôt fait une histoire américanisée d'école secondaire à l'humour douteux. C'est le Twilight des garçons de 10 ans.

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Photo Karl Filion

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