Affiche du film  Dracula inédit
© Universal Pictures

Dracula inédit

Version en français
v.o.a. : Dracula Untold
10 octobre 2014

Je suis la pire frayeur des hommes

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

J'étais particulièrement étonnée de voir que la première représentation de Dracula Untold faisait salle comble. Je me demandais alors si mes premières impressions avaient été fausses et que, peut-être, Dracula Untold serait la surprise à laquelle je ne m'attendais pas. Eh bien non! Une bonne campagne publicitaire peut peut-être expliquer la foule d'une première représentation, mais gageons que plus le bouche-à-oreille opérera rapidement et que l'assistance diminuera en masse quand l'annonce de l'échec lamentable sera prodiguée.

Même si on fait des efforts substantiels pour tenter de trouver des points positifs à Dracula Untold, on n'y arrive pas. Même la qualité des effets spéciaux - qui ne devraient plus être une béquille à l'appréciation de l'ensemble à l'époque dans laquelle nous vivons - laisse à désirer. Pensons particulièrement à une scène où Dracula se lance du haut d'une falaise, on s'imagine tellement l'écran vert - qui est à peine déguisé - que l'intensité de la situation ne nous touche plus. Et l'intensité est d'ailleurs presque toujours à son paroxysme dans ce film. Qu'on soit dans le profond mélodrame - « Je t'aimerais toujours, dans cette vie-ci ou dans une autre » - ou dans la vengeance dévorante d'un homme qui veut sauver son fils et son royaume, les personnages ne perdent rien de leur véhémence dévorante, ce qui entraîne une incohérence émotionnelle plutôt perturbante.

L'histoire non plus n'est pas des plus passionnantes. Ce que l'on connaît du vampire Dracula à travers la culture populaire n'a rien à voir avec ce guerrier, élevé par les Turcs pour devenir une machine de guerre, puis repentant et exilé dans un royaume où il est un prince bon, cherchant la paix à tout prix pour ses sujets, un homme prêt à sacrifier son humanité pour épargner l'horreur de la guerre à son peuple. La trame narrative manque franchement de cohérence. Elle soulève des questions ponctuellement aux spectateurs qui finissent par battre en retraite, encouragés par l'absurdité et l'inconséquence du récit.

Pour des raisons évidentes, il est important pour le public de savoir si une séquence se déroule en plein jour ou si elle se tient plutôt la nuit. On pourrait croire qu'il n'est pas très ardu au cinéma de montrer aux spectateurs à quel moment de la journée a lieu une scène, et pourtant la direction photo et la réalisation de Dracula Untold sèment toujours un doute dans notre esprit. Comme le film n'est pas disponible en format 3D (probablement l'un de ses points positifs qu'on s'évertue à trouver depuis le début de cette critique), l'image aurait pu être plus sombre lors de certains instants bien précis sans que cela incommode le spectateur. Mais non, malheureusement on a plutôt choisi une teinte claire qui rend le cinéphile dubitatif et dépité.

Dracula Untold est aussi mauvais que sa bande-annonce nous l'annonçait, et l'échec prend tout son sens lors de sa finale aberrante et particulièrement nébuleuse. À la sortie de la projection, on n'est pas tout à fait convaincu de comprendre ce que le scénariste a voulu nous dire, mais on se console en se disant que nous n'aurons certainement pas droit, cette fois, à une suite. Fiou!

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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