Affiche du film  Donneur anonyme
© Walt Disney Pictures Canada

Donneur anonyme

Version en français
v.o.a. : Delivery Man
20 novembre 2013

Pas deux comme lui

Photo Par Karl Filion

Starbuck était une comédie dramatique amusante et originale, qui misait sur des acteurs d'une grande efficacité et sur un scénario solide et bien construit. Ce qu'on constate en voyant son remake américain, Delivery Man, c'est que Starbuck se permettait aussi quelques audaces comiques irrévérencieuses qui étaient particulièrement bien trouvées et qui ajoutaient un peu de piquant à cette histoire qui reprend (avec intelligence, bien sûr) de nombreux lieux communs, évoquant les schémas narratifs de plusieurs récits différents, habilement intégrés à une seule trame. Dans sa version américaine, qui met en vedette Vince Vaughn dans le rôle de Patrick Huard/David Wozniak, le réalisateur propose le même scénario, mais en version édulcorée, sans cette audace caractéristique. Le résultat manque de punch - ce qui pourrait aussi bien être dû à l'inévitable impression de déjà vu.

On y retrouve donc les principales qualités structurelles et humoristiques du film original - l'aspect loufoque de la situation initiale est toujours aussi engageant - et même les quelques raccourcis inévitables qui permettent au récit de maintenir un bon rythme. On regrette que les interprétations soient moins fines (ou moins familières, mais c'est un autre débat) puisque, sans être inefficaces, les comédiens doivent tous reprendre un rôle déjà défendu avec talent. Vaughn offre une performance tout à fait acceptable, mais Huard était plus touchant. Cobie Smulders est crédible et efficace, mais Julie Le Breton était plus drôle. Chris Pratt n'est pas mauvais (pas du tout, même), mais n'a rien à voir avec Antoine Bertrand.

Pour le public québécois, l'expérience liée au visionnement de Delivery Man est intimement liée à l'expérience de Starbuck. C'est la même histoire, les mêmes gags, les mêmes revirements. Cela gâche bien sûr complètement toute surprise et toute cette aventure nous semble bien familière... Difficile, dans ces conditions, d'envisager la qualité véritable de Delivery Man comme oeuvre unique. Ken Scott, qui a réalisé les deux versions, rythme bien le récit et filme simplement mais efficacement les péripéties. Un travail bien fait à défaut d'être exceptionnel. La direction artistique est cependant beaucoup moins détaillée que dans la version québécoise.

Starbuck vs. Delivery Man? Les mêmes qualités, les mêmes défauts, l'aspect inédit en moins. Le mélange entre comédie et drame est toujours présent, la finale réconciliante s'étire toujours un petit peu trop et les personnages sont toujours bien définis et traités respectueusement. Les blagues fonctionnent moins bien parce qu'on les a déjà entendues, pas parce qu'elles sont moins bonnes. Sauf qu'entre revoir l'original et voir Delivery Man...

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Photo Karl Filion

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