Affiche du film  The Year Dolly Parton Was My Mom
© Métropole Films Distribution

Dolly Parton, ma mère et moi

Version en français
v.o.a. : The Year Dolly Parton Was My Mom
v.o.a.s.-t.f. : Dolly Parton, ma mère et moi
3 mars 2011

Baby Dolly

Photo Par Karl Filion

Comme il fallait sans doute s'y attendre, il y a une douceur très maternelle qui imprègne The Year Dolly Parton Was My Mom. Elle ne se manifeste pas seulement au niveau des thèmes ou des interprétations senties d'une distribution presque exclusivement féminine, mais aussi au niveau de la réalisation de Tara Johns, pour qui il s'agit d'un premier long métrage. Sa caméra, le rythme qu'elle insuffle à son histoire proposent la même vision empathique et compréhensive du coming-of-age (existe-t-il un terme français?) de la petite Ruby/Elizabeth. Ce sont les personnages qui portent cette douceur en eux, autant dans les erreurs qu'ils commettent que dans les décisions matures qu'ils finissent par prendre.

La jeune Elizabeth a 11 ans et elle est anxieuse à l'idée de devenir une femme. C'est que sa mère, Marion, refuse obstinément d'admettre que sa petite fille grandit et que la société autour d'elle évolue. Alors qu'elle vient d'apprendre qu'elle a été adoptée, Elizabeth se convainc que sa vraie mère est la chanteuse Dolly Parton, qui est justement sur le point de donner un spectacle à Minneapolis. Elle enfourche donc sa bicyclette et part vers les États-Unis pour rencontrer la chanteuse.

Dans les premiers instants du film, on s'applique à dessiner avec une belle profondeur des personnages riches qui seront les héros du récit à venir. Ce sont leurs gestes, mis en scène avec talent et un joli souci du détail, qui les définissent, et on comprend ce qu'ils sont plutôt que de l'apprendre simplement, tout comme on saisit rapidement quelles sont leurs préoccupations. Cela s'avère être d'autant plus important lorsque vient la deuxième partie du film, alors que les événements qu'ils ont vécus font leur effet sur eux et qu'ils évoluent psychologiquement.

Il ne s'agit pas d'une mécanique révolutionnaire au cinéma, bien au contraire, mais la réalisatrice démontre qu'elle la maîtrise bien. Tara Johns s'avère aussi une excellente directrice d'actrices, autant avec Macha Grenon, magnifiquement vulnérable, qu'avec la jeune Julia Stone, parfois un peu maladroite, mais le plus souvent installée à la frontière entre l'enfance et l'adolescence, entre naïveté et maturité. Plus le film avance, plus elle en démontre, de maturité.

Les quelques flottements narratifs du film sont dus à cette rupture de ton entre le portrait familial émouvant et minutieux et cette quête, relativement aléatoire, de la jeune héroïne pour rencontrer Dolly Parton. La chanteuse a une portée symbolique assez mince et son importance dans la vie d'Elizabeth reste relativement obscure; disons que son petit voyage à bicyclette est démesuré par rapport à son amour pour Dolly. Il ne s'agissait pas que le geste devienne rationnel, mais qu'il soit mieux inscrit dans la courbe dramatique du film.

Il n'en demeure pas moins que The Year Dolly Parton Was My Mom est un film simple qui a toutes les qualités d'un film simple : une belle histoire, de bonnes interprètes, des thématiques bien développées et une réalisation au service du récit et bien sentie. Il y manque peut-être de quoi se passionner, mais ces qualités sont rarement réunies dans un premier film et elles laissent présager de belles choses.

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Photo Karl Filion

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