Affiche du film  Dogville
© Alliance Vivafilm

Dogville

Version en français
v.o.a. : Dogville
v.o.a.s.-t.f. : Dogville
17 août 2005

Pseudo essai-moralisateur

Photo Par Karl Filion
Pseudo essai-moralisateur qui se perd dans un tout petit village, tourne en rond et se veut une expérimentation sans intérêt particulier, sinon des décors très originaux, mais c'est loin d'être suffisant.

La fascination de la première impression du film est éphémère, malheureusement. Si, au départ, cette disposition originale, quasi-inexistante, des décors surprend, si, au début, la première heure passe très vite à cause du mystère entourant cette situation saugrenue, tout cet intérêt se perd malheureusement bien vite, sans que ce soit explicable. Est-ce la mine de Nicole Kidman qui, frachement, ennuie tellement on la connaît ou simplement les multiples longueurs du film qui s'enchaînent avec vigueur jusqu'à la finale? Ou est-ce l'utilisation faussée du narrateur qui n'a pas d'intérêt particulier, en plus d'être particulièrement ennuyante en version française? Sans doute l'ensemble de ces erreurs nuisent au film, qui, je sais, se voulait expérimental mais qui, malheureusement, est un essai raté.

Comme mentionné plus haut, j'en ai vraiment assez de Nicole Kidman, et malheureusement pour elle, cette performance de Grace (prononcer Grasse) aurait pu être aussi bien, et j'en suis convaincu mieux, rendue avec une autre actrice inconnue (si l'on avait vraiment souhaité faire un film expérimental d'autant.)

Ce fameux narrateur tente, assez maladroitement, de moraliser les actes des personnages qui, pour une fois, évoluent vraiment sous nos yeux. Il sonne terriblement faux, comme tout le reste de la pseudo-morale que véhicule le film, sans doute contre son gré. Il semble que le film n'a pas de morale. Pas que ce soit une mauvaise chose, bien au contraire, mais que le réalisateur ait jugé bon de ne pas en mettre. Comme il semble aussi que cette histoire se déroule ni dans un livre, ni en rêve, ni en pensées, ni en vrai. Il faut faire abstraction des règles avec Dogville. Mais, malheureusement, le film ne les élimine pas toutes, et cela nuit énormément à son développement.

Les acteurs sont efficaces en majorité. Excepté Kidman, certains personnages tombent facilement dans le cliché-facile, malheureusement, mais réussissent à ne pas trop agacer. La réalisation de Von Trier, à qui l'on doit Dancer In The Dark, beaucoup plus puissant, et qui signe le scénario, est originale par moment, surtout au début, tandis qu'elle se fait plus timide par la suite.

La finale du film est le moment le plus intéressant. Il en dégage une puissance surprenante, fascinante, et ce dernier chapitre sauve le film entier, qui dure 3 heures, à cause de sa symbolique délicieuse et subtile.

Aussi mystérieux que cela puisse paraître, malgré tous mes commentaires négatifs sur Dogville, en sachant qu'il s'agit du premier film d'une trilogie, je dois avouer que j'irai sans doutes voir les deux suites que Lars Von Trier a déjà planifiées, et je ne sais vraiment pas pourquoi. Sans doutes est-ce un signe qu'au fond, le film n'est pas si mauvais, ou qu'on aurait pu corriger les faux-pas assez aisément et que je veux voir si ce sera fait à l'avenir. Quoi qu'il en soit, à cause de sa forme, de sa durée et de son objectif, Dogville ne s'adresse pas à un large public.
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Photo Karl Filion

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