Affiche du film  Divergence
© Les Films Séville

Divergence

Version en français
v.o.a. : Divergent
19 mars 2014

+/- audacieux

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Les comparaisons entre Hunger Games et Divergent seront nombreuses, parce qu'il faut être honnête, on veut faire de Divergent un succès comparable à celui qu'a rencontré la franchise inspirée des livres pour jeunes adultes de Suzanne Collins. Les deux films se déroulent dans un monde postapocalyptique, un monde qui a survécu - de manière autarciste - à une guerre qui l'a divisé en castes. Ils mettent tous deux en vedette une héroïne forte et courageuse (un exemple pour la jeunesse), et dévoilent une caméra nerveuse, vulgarisation de la tension psychologique et actancielle de l'oeuvre. Mais il manque à Divergent la fraîcheur qui se dégageait d'Hunger Games et la rigueur que renfermaient ses textes.

La construction du scénario de Divergent est probablement l'une de ses plus grandes faiblesses. Un film dédié aux adolescents qui dure plus de deux heures se doit d'être suffisamment rythmé pour ne pas que l'envie de zieuter discrètement son cellulaire (à ne pas faire!!!) devienne insupportable. La deuxième partie s'avère suffisamment énergique pour contenir ce désir de connaître le nombre de minutes restantes, mais la première moitié est beaucoup plus lente, cherchant à nous mettre en contexte avec des explications éloquentes, mais verbeuses. De nombreux personnages viennent paraphraser l'organisation des factions et les valeurs de chacune d'entre elles. Une mise en contexte est évidemment nécessaire lorsqu'on nous expose à une nouvelle mythologie - surtout composite comme celle-ci -, mais il n'est, par contre, pas nécessaire de nous expliquer cette dite mythologie plusieurs fois, avec de différents points de vue pour que l'information soit enregistrée. Le public auquel on s'adresse a suffisamment d'esprit pour faire les déductions nécessaires.

Shailene Woodley (qui avait livré une brillante performance dans The Descendants) n'a peut-être pas autant de charisme que Jennifer Lawrence, mais elle représente très bien l'adolescente typique, la jeune femme ordinaire aux prises avec des ennuis extraordinaires. Elle inspire la confiance et saura très certainement influencer positivement bien des jeunes filles, confrontées à beaucoup de choix qu'elles ont dû mal à faire. Le personnage qu'incarne Theo James, le candidat amoureux de l'héroïne, n'est pas aussi charmant et sympathique qu'on aurait espéré qu'il le soit. Il est un peu trop brouillon et prévisible pour arriver à nous convaincre, mais son manque de prestance ne dérange pas au point de détourner notre attention de l'histoire. Elle est secondaire, mais tout de même pas négligeable.

Neil Burger livre une réalisation honnête, sans être originale. La caméra nerveuse (heureusement, pas aussi stroboscopique dans le premier Hunger Games) nous entraîne adroitement dans l'action. Les costumes, les coiffures et les décors permettent également à l'oeuvre de briller malgré ses quelques failles scénaristiques. Les couleurs de vêtements différentes de chacun des membres des districts (oups, des factions, pardon) apportent une énergie intéressante à l'image et permettent, évidemment, de mieux morceler les clans et de faciliter la compréhension globale.

Finalement, Divergent est exactement ce qu'on attend de lui; un film pour adolescentes à la mythologie intéressante, propulsée par des personnages forts (même s'ils ne sont pas toujours charismatiques) et une réalisation honnête. Un bon film qu'on n'ira pas par contre jusqu'à placer dans la ligue des Audacieux.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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