Affiche du film Des gars modèles
© Universal Pictures

Des gars modèles

Version en français
v.o.a. : Role Models
8 novembre 2008

Grands frères, grands niaiseux

Photo Par Karl Filion

Si on admet dès le départ qu'il faut absolument que cette histoire se termine dans la joie et la compréhension mutuelle, Des gars modèles est une comédie honnête qui a plusieurs bons moments. La recette est assez simple mais elle fonctionne bien, entre les références à Kiss, les femmes (un peu) nues et un petit garçon de dix ans à la bouche sale, sale, sale. Rien de bien nouveau, mais quand même, c'est encore drôle même après les irrévérences de Judd Apatow et de Kevin Smith. C'est un peu plus inoffensif aussi.

Anson et Danny travaillent pour une compagnie de boissons énergétiques. À la suite d'un « accident », ils sont condamnés à 150 heures de travaux communautaires. Ils seront jumelés à deux jeunes de l'organisme Sturdy Wings, sous la stricte supervision de la propriétaire de l'endroit, une ancienne toxicomane. Anson, un charmeur notoire, sera en charge de Ronnie, un jeune garçon noir de dix ans qui n'a pas la langue dans sa poche, tandis que Danny, cynique et désabusé, sera jumelé à un adolescent amateur de combats médiévaux à grande échelle.

Comme il fallait s'y attendre, les premières minutes du film servent à installer les personnages et à les forcer, par divers tours scénaristiques, à accomplir ce travail communautaire. Le tout est réalisé avec compétence par David Wain malgré un manque flagrant d'inventivité. Le pari du film est qu'avec des personnages si honnêtes et vrais, on n'en a pas besoin, et Wain et ses comédiens passent très près de le relever haut-la-main. A-t-on déjà vu un acteur plus vrai (et limité) que l'inimitable Christopher « McLovin' » Mintz-Plasse? Tout est là.

Le polyvalent Paul Rudd et l'énergique Seann William Scott (qui n'a vraiment qu'un rôle... qui se souvient de Dude, Where's My Car?) sont tous les deux excellents dans les rôles principaux, très semblables à ces adultes qui ne veulent pas grandir qui peuplent les films de Judd Apatow. Sans en avoir la justesse du diagnostic social, Des gars modèles partage quand même une part de cette amitié masculine, réhabilitée au cinéma par ce nouveau courant comique. Dans leur rapport avec les femmes et l'autorité, les personnages traduisent une émancipation de l'homme au cinéma, qui a tout de même ses limites mais qui élargit l'équation simpliste de ce que c'est un « vrai » homme. Tout ça dans la bonne humeur, le rire et cet étrangement agréable « bromantisme » (de « brothers » et « romantisme »). L'amour entre hommes hétéros, quoi.

Sans aller jusqu'à dire que Des gars modèles révolutionne quoi que ce soit - et surtout pas le cinéma, quand même - disons que la candeur vulgaire avec laquelle les personnages se répondent a encore quelques années devant elle; tant qu'elle sera livrée par des acteurs de talent au diapason de leur société et au parfum de la culture populaire. Scott et Rudd sont à la hauteur, mais doivent aussi beaucoup à l'hilarante Jane Lynch et au scénario plein de bons sentiments, de seins et d'humour.

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Photo Karl Filion

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