Affiche du film  Démolition 
© VVS Films

Démolition

Version en français
v.o.a. : Demolition
v.o.a.s.-t.f. : Démolition
7 avril 2016

En pièces

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Vu au Festival du Film de Toronto.

Un montage convulsif, une direction d'acteurs extraordinaire, une trame sonore éloquente, un scénario intelligent et une distribution convaincante ne sont que quelques-unes des qualités de l'oeuvre de Vallée.

Les quelques lignes du synopsis de Demolition n'étaient pas suffisantes pour nous convaincre que le nouveau long métrage de Jean-Marc Vallée allait se révéler être l'un de ses meilleurs films, et pourtant... Il n'y a de plaisir plus grand que de réaliser qu'un film qu'on avait sous-estimé s'avère être l'une des plus grandes découvertes cinématographiques de l'année. Demolition porte bien son nom puisqu'il a complètement démoli mes fausses présomptions.

Alors que je pensais être confrontée à un drame lourd et traînant, je me retrouve devant un film drôle, pertinent et audacieux. L'humour prend une place prépondérante au sein de la trame narrative de Demolition. Et ce n'est pas que des sourires gênés qu'engendre le film de Jean-Marc Vallée, ce sont des rires sentis et honnêtes qu'on doit principalement au détachement émotionnel dont fait preuve le personnage de Jake Gyllenhaal suite à la mort de sa femme et à son honnêteté déroutante.

Les dialogues, brillamment écrits par Bryan Sipe, s'avèrent également d'une acuité sans précédent. On ne s'imagine pas être autant déstabilisé par ce personnage en pleine crise post-traumatique, et pourtant, les décisions qu'il prend et les répliques qu'il lance aux visages de ceux qui le jugent ou le questionnent sur sa situation sont absolument délectables et méritent, à elles seules, le déplacement.

Gyllenhaal livre ici une performance au-delà des espérances. On savait que l'acteur de Brokeback Mountain avait la capacité d'interpréter des protagonistes torturés, mais c'est la première fois qu'on le voit jouer ce genre de personnage décalé, instinctif et attachant. Le jeune Judah Lewis est également l'une des révélations de ce film renversant. Ce dernier personnifie un adolescent tourmenté qui se questionne sur son orientation sexuelle et a dû mal à s'affirmer. Naomi Watts apporte quant à elle une humanité à l'ensemble. 

Sans temps mort ni tentatives stériles d'engendrer une émotion à tout prix, Demolition est rafraîchissant au sein de l'offre cinématographique en général, mais aussi au sein du corpus de Vallée, qui ose emprunter des sentiers inexplorés. On savait déjà que Jean-Marc Vallée était capable d'un cinéma unique et grandiose, mais il est toujours bon de se rappeler les évidences. Demolition n'est qu'une autre confirmation de ses immenses talents et de sa prodigieuse versatilité.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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