Affiche du film  Décadence 3D
© Les Films Equinoxe

Décadence 3D

Version en français
v.o.a. : Saw 3D
29 octobre 2010

Le jeu est fini

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Comment peut-on prendre plaisir à voir nos semblables souffrir physiquement et psychologiquement d'une manière aussi perverse et répugnante? Non vraiment, je ne saisis pas le fondement de ce type de divertissement. Si au moins, il y avait une certaine forme d'originalité, un aspect nouveau qui donnait un sens aux atrocités qui défilent à l'écran (comme Funny Games), mais après le septième chapitre, on ne peut pas s'attendre à être ébahi par l'audace de l'histoire : elle se répète et se complexifie inutilement de chapitre en chapitre, de meurtre en meurtre. On aurait pu croire que, comme cet opus est le dernier de la série, il offrirait une conclusion renversante à l'image du premier film, mais c'est encore beaucoup trop d'attentes envers cette franchise qui se dégrade au fil des années, mais qui ne cesse pourtant de récidiver (souhaitons que cette tentative d'épilogue soit véritablement la fin).

Bobby, un jeune homme ordinaire, décide, en voyant le témoignage de l'une des survivantes des pièges meurtriers de Jigsaw, de se faire passer pour l'un d'eux et ainsi gagner la confiance des gens pour devenir un personnage public important. Son plan fonctionne parfaitement jusqu'au jour où le remplacement du célèbre Jigsaw attrape Bobby et le met au défi de survivre dans l'un de ses jeux mortels. Au même moment, la femme du défunt tueur en série décide de révéler à la police l'identité du successeur de son mari, mais Hoffman compte bien se venger de son hypocrisie.

La structure narrative est la même que dans les chapitres précédents; un sinistre labyrinthe, d'innocentes victimes, des policiers incompétents et de grotesques coïncidences. Mais, il faut bien se rendre à l'évidence, le scénario est d'une importance équivalente à celui des films XXX - un prétexte pour montrer (explicitement) des tabous, des réalités qu'on préfère cacher pour des raisons morales ou pudiques. La première séquence du film, qui nous montre une mise en scène meurtrière dans un lieu public, aurait pu emmener une piste d'introspection intéressante sur l'intérêt de payer un billet de cinéma pour être témoin de crimes sadiques et sanglants, mais on oublie rapidement toute forme d'approfondissement intellectuel; les spectateurs sont là pour voir de la violence, du sang, des sévices inhumains et on leur en offre abondamment.

Le 3D est, encore une fois ici, utilisé dans le seul et unique but d'augmenter les profits. Même si la qualité de l'image est tout de même percutante, elle ne fait avancer l'histoire en aucune façon et n'améliore en rien l'ambiance macabre qui baignait déjà dans chaque plan dans les volets précédents. La performance grotesque, presque caricaturale, des acteurs, ne fait que retirer le peu de crédibilité que le récit parvenait à maintenir grâce à son atmosphère générale lugubre et - avoue-le, tout de même - terrifiante.

Fort heureusement, il semblerait que le jeu est fini, que les nombreux héritiers de l'empire Jigsaw ont raccroché leurs instruments de torture pour laisser place à des nouveaux candidats au poste de bourreau. C'est effectivement à souhaiter parce que les créateurs auraient bientôt eu peine à nous faire croire aux extravagantes coïncidences qui rapprochent - si aisément - leurs « héros » de la victime et aux dispositifs de persécution qui devenaient de moins en moins pittoresques.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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