Affiche du film  De rouille et d'os
© Métropole Films Distribution

De rouille et d'os

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : Rust and Bone
14 décembre 2012

Et de fer et de sang

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Des orques, des combats extrêmes, un père absent, du commerce illégal de surveillance vidéo dans les magasins à grande surface, des accidents graves, des relations conflictuelles et nuisibles, tout plein d'éléments composites qui font autant de De rouille et d'os une oeuvre mémorable qu'une oeuvre incomplète. Avec tout ses échos positifs à travers le monde et le grand réalisateur français Jacques Audiard à sa tête, on s'attend à être ému, transporté et impressionné par une oeuvre comme De rouille et d'os. Ému, on l'est à plusieurs reprises, grâce à la brillante performance des acteurs principaux et des situations tragiques qui ne peuvent que nous ébranler et réveiller nos peurs les plus profondes, mais l'émerveillement et l'attachement n'y sont pas autant qu'on nous avait promis.

On a l'impression que De rouille et d'os veut dire peu avec beaucoup - que son message est assez simple mais qu'il utilise maints détours extravagants pour y arriver -, au contraire de bien des productions métaphoriques ou contemplatives qui s'efforcent de faire beaucoup avec peu. Le drame de Audiard est une ode à la survivance. Une ode parfois trouée et trop alambiquée pour atteindre directement son but. On contourne, on tergiverse, s'éternisant sur des éléments en apparence insignifiants pour finalement nous amener sur une piste que l'on n'avait pas prévue.

La forme, au contraire du fond qui renferme quelques irrégularités, est d'une grande beauté et d'une grande puissance. Le montage haletant, les plans transitoires rapprochés, les couleurs froides, les images pompeuses, la musique contrôlée, parcimonieuse; tout d'un chef d'oeuvre cinématographique. Dommage que les 122 minutes nous paraissent, à certains moments, interminables et que la finale - plutôt bon enfant - nous laisse un goût amer et regrettable.

Marion Cotillard est une actrice stupéfiante. Les nuances de son jeu dans De rouille et d'os ont de quoi déstabiliser n'importe quel cinéphile. Le personnage qu'elle incarne - une jeune dresseuse d'orques qui est victime d'un accident grave suite auquel elle doit se faire amputer les deux jambes - s'avère d'une émotivité troublante et malgré sa froideur et son austérité, on s'attaque à elle dès les premières secondes. La scène où la protagoniste se réveille à l'hôpital et découvre qu'on lui a coupé les jambes est tellement puissante, tellement troublante, qu'elle amène toute la salle à frissonner de panique. Matthias Schoenaerts, imperturbable, est également responsable de la considération internationale pour l'oeuvre d'Audiard.

De rouille et d'os mérite probablement les nombreux éloges qu'il reçoit du monde entier. Mais, il me reste, à la sortie du film et après réflexion, une impression d'incomplétude qu'il m'est difficile d'oublier. Peut-être est-ce l'alanguissement de l'histoire qui me donne ce sentiment? Tous ces éléments disparates qui ne mènent qu'à une morale facile? Peut-être... Mais, au final, je comprends qu'il s'agissait d'une oeuvre à part, d'une oeuvre puissante, mais quelque chose m'empêche de m'extasier...

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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