Affiche du film  Into the Woods
© Walt Disney Films Canada

Dans les bois

Version originale en anglais avec sous-titres en français
v.o.a. : Into the Woods
25 décembre 2014

Tire la chevillette, la bobinette cherra

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Comme je n'ai pas vu la comédie musicale éponyme présentée sur Broadway, je ne peux faire de comparaison entre l'oeuvre originale et son adaptation, mais d'un point de vue cinématographique Into the Woods est plutôt rafraîchissant.

Depuis quelque temps, les contes de fées sont redevenus à la mode; Rapunzel a eu son film d'animation, Cendrillon aura bientôt un nouveau film en action réelle et, même si on essaie encore de l'oublier, Jack et le haricot magique a aussi été récemment revisité au cinéma par Bryan Singer (Jack the Giant Slayer) et Amanda Seyfried a personnifié le Petit Chaperon rouge le temps d'un très mauvais film de Catherine Hardwicke (Red Riding Hood). Tous ces personnages qu'on nous présente dans Into the Woods étaient donc connus du public avant même que le film s'amorce. Mais, cet univers n'est pas exactement celui auquel on s'attendait. Into the Woods est plus sombre, plus machiavélique et plus déluré que les versions classiques des contes auxquels il fait référence, et c'est d'ailleurs l'une des raisons qui nous fait apprécier cette comédie musicale. Un Petit Chaperon Rouge gourmand et canaille, un Jack bonasse et des princes narcissiques et infidèles font de cette histoire un cirque pervers duquel on ne peut se détacher.

Bien sûr, Disney s'est assuré que le film soit adapté à un public mineur, que les enfants ne ressortent pas de cette salle avec de futurs cauchemars et des idéaux brisés, mais Into the Woods ne s'adresse pas aux petits, mais davantage à leurs parents. Les chansons peuvent parfois nous méprendre et les quelques bonnes valeurs pieuses qu'on tente d'inculquer aussi, mais le long métrage est d'une perfidie que seuls les adultes peuvent vraiment comprendre. C'est d'ailleurs cette sournoiserie qui permet au récit d'emprunter des avenues inattendues. Les quelques revirements parviennent à nous méduser au sein même d'une histoire qu'on croyait connaître.

L'humour prend aussi une place prépondérante. Les deux personnages les plus amusants sont sans conteste ces deux frères princes; joués par Chris Pine et Billy Magnussen, qui se bombent le torse et se croient rois. Leur chanson Agony, qu'ils fredonnent en dansant dans un ruisseau est l'un des moments les plus savoureux du film. La plupart des chansons sont d'ailleurs magnifiquement interprétées par des acteurs dont on connaissait - ou pas - le registre vocal.

Malheureusement, Into the Woods n'a pas que des qualités. La dernière demi-heure est assez pénible. La majorité des chansons auraient pu être abrégées afin que le film ne dépasse pas les deux heures. Johnny Depp est bien rigolo sous les traits d'un loup vil, mais son rôle n'est en fait qu'une courte apparition de moins de cinq minutes. Il faut davantage parler ici d'un caméo de Depp que d'une place clé au sein de la distribution comme on nous l'a pourtant annoncée.

Le film ne remportera probablement pas de prix prestigieux, mais saura certainement donner un nouveau visage aux personnages fantastiques que le cinéma nous a réintroduit ces dernières années.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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