Affiche du film  Deepwater Horizon
© Remstar

Crise à Deepwater Horizon

Version en français
v.o.a. : Deepwater Horizon
22 septembre 2016

Le monstre de pétrole

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Voilà un film qu'on a trop rapidement sous-estimé. Avec Peter Berg en tête, un réalisateur de film d'action forcené, nous craignions que le drame biographique Deepwater Horizon tourne en dérision la grave catastrophe naturelle survenue dans le golfe du Mexique en 2010. Mais, heureusement, nous avions tort de le croire. En fait, le film ne s'intéresse pas au désastre environnemental qu'a occasionné l'explosion de la plateforme pétrolière, mais plutôt aux hommes et aux femmes qui étaient présents lors de la tragédie.

En plus d'offrir un divertissement compétent, le long métrage de Berg fait réfléchir quant aux procédures controversées appliquées par les magnats du pétrole. Lors des premières minutes du film, on peut entendre la véritable bande sonore du procès qui a suivi l'accident, sans les images. En l'absence de références visuelles, l'impact des voix devient surpuissant et l'effet affectif n'en est que décuplé pour les spectateurs.

Berg utilise d'ailleurs le son à bon escient dans son film. Grâce à des grincements et des vrombissements inquiétants, le réalisateur parvient à nous convaincre que le pétrole en extraction est un monstre prêt à déverser sa rage sur les humains colonisateurs. Cette idée est d'ailleurs introduite de belle façon à travers une expression orale que prépare la fillette du personnage principal dans laquelle elle y présente son père comme un chasseur de dinosaures. Jamais dans le film cette métaphore de la bête féroce n'est abandonnée au profit d'une autre idéologie plus convenue. Berg conserve sa figure de style jusqu'à la fin et le public a l'impression, en sortant de la salle, d'avoir assisté à un suspense d'épouvante, et non pas à un drame biographique. Ce qui, dans ce cas bien précis, est une bonne chose.

L'angle choisi par le cinéaste (celui de montrer le drame humain plutôt que les conséquences de la tragédie) permet une analyse différente de la catastrophe de Deepwater Horizon, un point de vue qui n'a pas été souvent montré dans les médias, qui se sont empressés de dévoiler les marées noires et la faune aquatique dévastée.

Bien sûr, comme il est de coutume dans le cinéma hollywoodien, on nous présente des héros américains sans peur et sans reproche. Heureusement, on n'insiste que très peu sur le patriotisme qui colore généralement la plupart des oeuvres de ce type, inspirées d'histoires vraies. Mark Wahlberg livre une performance honnête dans le rôle principal, mais n'éblouit pas. On remarque ici davantage le méchant représentant de la compagnie pétrolière, joué par John Malkovich, ainsi que le chef irréprochable des troupes, interprété par Kurt Russell. Ces acteurs impressionnent par leur stature et leur impétuosité. 

Berg a fait un travail exceptionnel pour faire de Deepwater Horizon un divertissement intelligent. Alors que son Battleship en avait laissé plusieurs perplexes et déçus, le réalisateur réaffirme son talent de raconteur et de directeur d'acteurs avec cette production qui a de quoi rendre fiers les survivants de l'incendie.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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