Affiche du film  Creed
© Warner Bros. Canada

Creed

Version en français
v.o.a. : Creed
24 novembre 2015

Comme un Pur Sang sauvage

Photo Par Martin Gignac

A-t-on besoin d'un nouvel épisode de Rocky? La question mérite d'être posée depuis le succès surprise du premier tome qui a remporté plein d'argent en 1976 et même l'Oscar du meilleur film devant des candidats qui ont nettement plus marqué leur art comme Taxi Driver, All the President's Men, Network et Marathon Man. Les suites tour à tour ratées, décevantes, oubliables ou de simples plaisirs coupables n'ont jamais été à la hauteur. Creed fait oublier près de 40 ans de misère en s'avérant le second meilleur effort de cette mythique série.

Comme cure de jeunesse, la solution choisie est aussi efficace qu'éprouvée. Le défunt boxeur et entraîneur Apollo Creed a eu un fils qui se nomme Adonis (Michael B. Jordan) et qui cherche à marcher dans ses pas. Pour lui permettre d'atteindre le sommet, qui de mieux que Rocky Balboa (Sylvester Stallone) qui semble s'ennuyer à la retraite?

Cette prémisse a fait ses preuves et elle permet de parler d'héritage familial, de transmission, de détermination, de courage et de ténacité. Une multitude d'épreuves se dresse devant le duo qui n'a aucun autre choix que de poursuivre le combat. Le scénario bien dosé entre les entraînements, la relation père-fils et la romance entre le héros et une jeune chanteuse alterne favorablement entre le drame et le suspense avec des pointes salvatrices d'humour.

Débutant son introduction dans le réalisme brut qui caractérisait son précédent et excellent Fruitvale Station, le cinéaste Ryan Coogler continue à présenter des êtres face à leur destin. L'oeuvre a beau être plus académique et consensuelle, elle comporte néanmoins une vision d'auteur. Celle qui est capable d'élever l'essentiel du superflu et de transformer une simple commande en quelque chose d'authentique et même de rafraîchissant. Quelques scènes fortes injectent une bonne dose d'adrénaline mélancolique (peut-être est-ce la faute des archives et de la musique héroïque) et les combats retentissants sont parfois composés de spectaculaires plans-séquences. Rien pour égaler Raging Bull et The Set-Up, sauf que l'époque n'est plus la même non plus.

Faisant oublier sa participation au catastrophique Fantastic Four, Michael B. Jordan possède la gueule de l'emploi et il offre un jeu physique et sensible à toute épreuve. Plus nuancé, Sylvester Stallone joue pour l'Oscar et il n'a jamais été aussi émouvant que depuis Copland. Les rôles secondaires sont campés par de talentueux interprètes qui n'ont pas toujours la présence requise à l'écran pour se faire valoir.

Non seulement Creed remplit tous les espoirs fondés en lui, mais il les surpasse. Cela fait près de quatre décennies qu'il n'y a pas eu un Rocky aussi intéressant que celui-ci, avec un Stallone qui retrouve soudainement son talent et qui passe le flambeau à la nouvelle génération. S'il faut se farcir une trame narrative qui n'échappe pas aux clichés, elle demeure néanmoins inspirante. Adrian peut reposer en paix, la relève est assurée.

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Photo Martin Gignac

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