Affiche du film Crazy Heart
© 20th Century Fox

Crazy Heart

Version originale en anglais avec sous-titres en français
v.o.a. : Crazy Heart
22 janvier 2010

The Wrestler 2

Photo Par Karl Filion

On dirait que l'histoire se répète à chaque année, à peu près à la même période : un film, conçu pour mettre en valeur le talent oublié d'un acteur, arrive sur les écrans et séduit les nostalgiques. Sans dire que (la carrière de) Jeff Bridges était aussi mal en point que (celle de) Mickey Rourke, disons que l'idée est la même pour ce film qui aurait même pu s'appeler The Wrestler 2. Mais parce que l'ensemble est bien fait, à défaut d'être très original, on peut apprécier davantage le talent évident de Bridges, qui n'a jamais vraiment fait de doute.

À 57 ans, les plus beaux moments de la carrière du chanteur country Bad Blake sont définitivement derrière lui. Il va de salon de quilles en bar miteux afin de donner des spectacles à un public vieillissant, et traîne un lourd problème d'alcool et d'argent. Un jour, il fait la rencontre d'une jeune journaliste, mère d'un petit garçon, qui le séduit, et il décide de reprendre sa vie en main afin de remettre de l'ordre dans sa vie. Surtout qu'un ancien élève devenu une grande vedette lui propose de lui écrire des chansons.

Crazy Heart est une suite de moments attendus. D'abord l'introduction, qui présente avec beaucoup de minutie un personnage qu'on connaît déjà de toutes les façons : alcoolique, nonchalant, vieillissant, rancunier et solitaire. Il y en a des centaines comme celui-là, et Bad Blake n'a absolument rien de spécial. On a donc parfois l'impression que le film traîne, se répète inutilement pour finalement nous faire le coup de la rédemption. C'est bien le cas, d'ailleurs. On y trouve quand même quelques moments de grande inspiration : les chansons sont magnifiques, et l'humilité avec laquelle les émotions sont présentées les rend encore plus éloquentes. On ne se croirait pas au cinéma tellement le film est crédible dans l'intimité de ses scènes. C'est la trame générale qui, malheureusement, prend davantage de risques.

Mais Bridges s'en tire toujours brillamment, même si le film s'étire, et son charisme permet au récit de fonctionner, même (et surtout) lorsqu'on sent que les scènes sont spécialement conçues pour lui permettre de démontrer son talent. Ce n'est pas très ingénieux, mais ça marche la plupart du temps. La très jolie ambiance musicale du Sud vient enrober le film de cette drôle d'odeur de cigarette et de sueur, et c'est tout à l'honneur du réalisateur d'avoir réussi à teinter son film si efficacement. Un dépaysement qu'on ne va pas chercher bien loin.

Le jeu des acteurs de soutien est lui aussi rehaussé; autant Colin Farrell, étonnant de naturel, que Maggie Gyllenhaal, humaine et sensible, séduisent à chaque instant grâce à des personnages crédibles et forts. Dommage que le récit ne soit pas plus audacieux. Reste que Crazy Heart est un film qui, s'il est modeste, demeure réussi; un film qui a la force de ses qualités et qui minimise ses défauts. Soyons honnête : c'est déjà un succès.

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Photo Karl Filion

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