Scène du film Couples Retreat
© Universal Pictures

Couples en vacances

Version en français
v.o.a. : Couples Retreat
9 octobre 2009

Ne nous donnons pas la peine

Photo Par Karl Filion

On peut aisément comprendre pourquoi quelqu'un voudrait faire un film comme Couples en vacances. De nombreuses vedettes, une île paradisiaque où tout est gratuit, ça vend du rêve ça mes amis. Ce qu'on aura apparemment bien de la difficulté à comprendre, c'est le comment, c'est-à-dire la manière lâche et fade avec laquelle on a mené ces prémices prometteuses vers un cul-de-sac comique, et une confusion romantique.

Dave et Ronnie vivent une vie normale avec leurs deux jeunes garçons. Leur couple est solide, même s'ils ont quelques petits problèmes. Shane se remet d'un difficile divorce et a une petite amie, Trudy, beaucoup plus jeune que lui. Joey et Lucy ne se parlent plus depuis longtemps et leur mariage est une catastrophe, mais ils refusent d'aborder le sujet. À l'initiative de Jason et Cynthia, qui envisagent le divorce puisqu'ils sont incapables de concevoir un enfant, les quatre couples se rendent sur une île paradisiaque où ils devront participer à une thérapie de couple s'ils veulent profiter un peu des ces vacances un peu spéciales.

Dès l'introduction, Couples en vacances souffre d'un flagrant manque de punch. C'est que la recette est trop évidente : le mignon petit garçon vient d'abord attendrir l'audience, puis on passe aux choses sérieuses : la vie de couple et ses clichés, presque aucune blague réussie, rien de très intéressant. Arrive alors la proposition : allons sur cette île, on va bien s'amuser, même s'il faut faire garder les enfants, prendre congé du boulot, etc. Le tout est tellement forcé, tellement improbable et souvent même exagérément chanceux (perdons-nous dans la jungle, on va sûrement tomber sur une belle chute romantique) qu'on fronce les sourcils devant le développement absurde et la finale flagorneuse et consensuelle de leur aventure. On n'a jamais vu, de mémoire d'homme, pire happy end. Mention toute particulière à l'ex-femme qui, après avoir été avisée au salon de coiffure que son ex-mari est parti en vacances, va se payer une semaine sur place pour le retrouver, par hasard, après trois jours, dans un bar en maillot de bain. Wow.

On a en plus droit à une affreuse publicité à peine déguisée pour Guitar Hero; le placement de produit, lorsqu'il atteint ce niveau de barbarie, est une aberration. La longue déchéance du film, qui est en tout temps étonnamment poli, s'avère extrêmement monotone. De la part de Vince Vaughn et Jon Favreau, qui signent ensemble le scénario, on s'attendait à plus épicé et à bien plus efficace. Tous les développements dramatiques du film sont tellement improbables qu'on n'a d'autre choix que de les faire passer de force par divers trucs qui, en plus d'être assez peu inventifs, ne sont pas drôles du tout. Une ennuyante attaque de requins en est le plus probant exemple. À ce moment-là, si ce film devait être une comédie, on le saurait.

Si Vince Vaughn et Jon Favreau voulaient se payer des vacances, ils auraient pu le faire avec leur propre argent, à la limite prendre quelques photos et faire un document Power Point pour nous montrer ça, vite fait, en deux minutes et demie ou moins. C'est tout le temps qu'on devrait consacrer à ce film : juste assez pour regarder la bande-annonce.

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Photo Karl Filion

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