Affiche du film Complot au crépuscule
© Alliance Atlantis Vivafilm

Complot au crépuscule

Version en français
v.o.a. : After the Sunset
25 juillet 2005

Complot en chambre noire

Photo Par Karl Filion
Dans son studio, Brett Ratner nous a préparé au micro-onde un plat congelé qui manque de saveur. En fait, il manque de gags pour être une comédie, ou de tension pour être un thriller. Ne reste que Salma Hayek pour épicer le tout.

Si l'apport de Salma Hayek au film est évident – au moins aussi évident que ses courbes – il n'en demeure pas moins que le tout manque cruellement de goût, passant à certains moments de suite disparate de mauvaises blagues homosexuelles à propagande sexuelle flagrante – je n'ai toujours pas compris pourquoi il faille absolument que la jolie fille de service fasse nécessairement des exercices d'étirement en vêtements trop petits pour elle dans un film pour justifier sa présence. Complot au crépuscule n'a rien d'éclatant et il s'oublie de ce fait instantanément.

Visuellement intéressant, le film n'innove pas, s'acquitte de sa tâche sans plus, et de la part d'un réalisateur d'expérience comme Brett Ratner – je n'ai pas dit « de talent » - nous aurions volontiers apprécié un peu plus de savoir-faire, malgré qu'il n'y aille pas de reproche précis à lui faire.

De leur côté, les acteurs n'arrivent pas à impressionner. Lorsque Pierce Brosnan affirme qu'il veut s'éloigner de l'étiquette de James Bond et qu'il joue, dans un film, un personnage qui lui ressemble drôlement, c'est difficile de le croire. Si Salma Hayek n'a été engagée que pour séduire le public mâle, Don Cheadle a définitivement le rôle le plus ridicule, le plus cliché, du film, qui perd tout l'intérêt qu'il a dès qu'il ouvre la bouche. Woody Harrelson, malgré beaucoup de bonne volonté, tombe aussi à plat.

C'est dans le scénario que les choses se corsent. En plus des revirements de situation peu crédibles, le scénariste nous offre de savoureuses répliques – savoureuses dans le sens de lamentables – à double-sens, qui sont, il faut l'avouer, parfois drôle, surtout dans le lit, mais qui d'autres fois, sont pénibles à attendre. D'autant plus pénibles que l'intrigue est ennuyante, mal ficelée, et franchement risible lorsqu'elle tente de se donner un air sentimental – pour le public féminin de la salle, j'imagine – alors que la finale glisse un instant dans le mélodrame, qui sonne - faut-il le dire? - terriblement faux.

Complot au crépuscule est un film qui manque d'un peu tout : de la logique dans son scénario, de l'action ou de rire, d'acteurs qui, même s'ils sont crédibles, se seraient impliqués tous entiers dans leur rôle, ou alors simplement un peu d'innovation technique. Et parce que le film n'a rien de tout ça, il devient très difficile de l'apprécier, même si ses images paradisiaques changent franchement de l'hiver qui approche. Mais on ne va pas au cinéma que pour ça, n'est-ce pas?
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Photo Karl Filion

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