Affiche du film  Concussion
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Commotion

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v.o.a. : Concussion
25 décembre 2015

Une forme de démence

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Peter Landesman a visiblement fait beaucoup beaucoup d'efforts afin de faire de cet article de GQ - somme toute très intéressant disons-le - un film. L'histoire de ce médecin légiste nigérien est certes très riche, mais toutes les couches qu'on a tenté d'apposer à ce récit nous donnent l'impression qu'elle était initialement trop pauvre pour garantir un bon long métrage. Et pourtant... Le combat de cet homme en est un des plus nobles et porte à réfléchir sur le monde du sport aux États-Unis, plus précisément celui du football.

« Une corporation qui détient un jour de la semaine » n'est pas le genre d'entreprise contre laquelle on a envie de se battre, mais quand le docteur Bennet Omalu découvre que les commotions cérébrales répétées peuvent engendrer à long terme une forme de démence, il se retrouve à affronter un titan qui a la main longue. Sa découverte en est une des plus intéressantes - probablement assez pour engendrer un film - mais la romance cavalière qui lui a été apposée et les tragédies incessantes que vit le protagoniste font d'elle une fresque plutôt dense, qui entraîne le désintérêt progressif des cinéphiles. Si le réalisateur avait choisi de miser sur le combat professionnel de l'homme plutôt que sur sa vie personnelle, l'oeuvre aurait été bien plus profitable. Mais on a voulu raconter un drame humain, et cette philanthropie a été défavorable.

Il faut dire que Will Smith livre une performance des plus respectables dans le rôle du docteur Bennet Omalu. Les autres acteurs - interprétant adjuvants et opposants au sympathique et honnête pathologiste - sont également des plus convaincants. Dommage que la réalisation assez anonyme et froide (peut-être voulait-on laisser toute la place à l'histoire) ne soit pas à la hauteur du jeu des comédiens. Ni le montage, ni la trame sonore, ni la direction artistique, ni le scénario (très bavard) ne viennent sauver le film de sa tiédeur désolante.

On baigne ici dans le cliché du bon héros américain. Le chauvinisme du film encourage les stéréotypes et les nourrit. Bien sûr le combat de cet homme contre la NFL n'est pas complètement insipide, mais les fioritures qui l'entourent le sont et c'est d'elles qu'on se souvient le plus une fois le générique terminé.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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