Affiche du film  Columbarium
© Funfilm Distribution

Columbarium

Version originale en français
8 novembre 2012

À chaque jour suffit sa peine

Photo Par Karl Filion

Columbarium n'est pas un film dénué d'intérêt. Certaines de ses idées, même si elles sont le plus souvent mal appliquées, mériteront qu'on s'y attarde éventuellement, pour réfléchir à ce qu'elles signifient vraiment et à quels effets cinématographiques et émotifs elles pourraient créer. Non, le problème n'est pas là, pas en tout cas de l'ordre de l'insignifiance. Le problème c'est que le contexte, c'est-à-dire le développement narratif, est si faible, que ces idées ne tiennent pas ensemble. Ainsi, tout s'effondre un peu : le jeu des comédiens en souffre, le récit devient prévisible et la réalisation maniérée. Il est donc impossible pour Columbarium, le premier long métrage de Steve Kerr, de s'établir comme un incontournable.

La mise en place du récit est tout à fait fascinante. La première scène, filmée avec talent, établit déjà une ambiance lourde. Le mystère est entier et prenant et, à ce moment, tout est possible. La suite, cependant, s'avère moins convaincante : combien de fois a-t-on vu l'histoire du personnage principal sous médication victime d'hallucinations? Qu'y a-t-il de plus à dire sur le sujet? Cela rend les inquiétudes du personnage de David Boutin (très intense, comme toujours) complètement caduques, et le voir se justifier est vite redondant.

D'autant que le scénario prend parfois plusieurs raccourcis simplistes (les personnages dévoilent verbalement beaucoup d'information), ce qui s'avère être un processus un peu figé et très ingrat pour les comédiens, qui doivent malgré tout tenter de paraître naturels. On ne se mentira pas, ils n'y arrivent pas toujours, surtout lorsqu'ils doivent endosser certaines péripéties forcées et peu crédibles (impliquant un fusil, entre autres). Les personnages posent des gestes illogiques qui ne se justifient pas. Le récit a de multiples occasions de dérailler, et s'il ne le fait pas, c'est uniquement parce que le scénariste a manipulé les éléments selon sa convenance. Il est donc difficile de vivre pleinement la tension interne du film.

La réalisation de Kerr est incisive, l'image très belle, et l'idée de rétrécir l'écran plus l'intrigue avance pique certainement la curiosité. Que pourra-t-on faire de ce procédé, quelle spécificité de l'image en mouvement souligne-t-on grâce à lui? Tout cela reste à voir, puisque dans Columbarium, l'impact est intermittent, balançant entre l'amplification de la tension et l'impression d'une intervention externe. De la même manière d'ailleurs qu'une réflexion religieuse pourtant évocatrice concernant l'évangile selon Mathieu s'avère finalement assez inutile.

Le récit de Columbarium n'est pas inintéressant, les comédiens demeurent des acteurs habiles et crédibles qui ont de bons moments et qui sont surtout très professionnels, mais le récit est trop faible pour tenir le tout ensemble.

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Photo Karl Filion

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