Affiche du film Coeur d'encre
© Alliance Vivafilm

Coeur d'encre

Version en français
v.o.a. : Inkheart
22 janvier 2009

Lire pour le plaisir

Photo Par Karl Filion
Le pari est relevé : la distribution efficace, le rythme soutenu et les effets spéciaux plus que décents font oublier les nombreux trous scénaristiques d'un film bien ancré dans cette mode des adaptations cinématographiques pour « geeks ». Les mythologies littéraires (et leurs hordes de fans), transposées plus ou moins efficacement au cinéma selon le cas, ont encore la cote, et Coeur d'encre est inscrit directement dans cette lignée, avec ce que cette classification simpliste a d'avantages et d'inconvénients.

Mortimer Folchart et sa fille Meggie sillonnent les routes d'Europe à la recherche d'une rare édition du livre Coeur d'encre. C'est que Mortimer, qui possède un don unique, a envoyé par accident sa femme Resa dans l'univers du livre et en a tiré tous les personnages, dont le méchant Capricorne, qui vit maintenant dans un château et qui a l'intention d'utiliser le don de Mortimer pour invoquer le méchant de Coeur d'encre, l'Ombre, et ainsi dominer le monde. Avec l'aide de Dustfinger, qui souhaite retrouver sa famille dans le livre, Mortimer devra déjouer les plans de Capricorne avant qu'il ne soit trop tard.

L'impassible Brendan Fraser, qui ne démontre pas plus de capacités pour jouer la comédie cette fois-ci que dans aucun de ses autres films, gâche presque tout avec sa complète absence de charisme. La jeune Eliza Bennett, qui joue sa fille Meggie, est beaucoup plus convaincante et dynamique, tandis que Paul Bettany, sans éviter complètement la caricature, parvient à donner une certaine crédibilité à son personnage, et ce même si le film, bourré d'invraisemblances plus audacieuses les unes que les autres, ne lui laisse qu'une très mince marge de manoeuvre.

C'est évidemment ce qui fait défaut à Coeur d'encre : le respect de ses propres conventions internes. Mais le film, qui n'a que très peu de temps morts et qui est réalisé avec sérieux et compétence par Iain Softley, ne s'en formalise pas et garde le cap. Le divertissement qu'il offre alors, pour les jeunes surtout, est de bonne qualité sans être trop violent. L'application d'une recette qui comprendrait de petits animaux mignons et de beaux paysages - qui ne justifient jamais, faut-il le préciser encore, un « bon film » - est évidente.

Dommage que la finale toute factice et fortement connotée (la référence au nazisme est peu subtile, pour dire le moins) ne soit pas à la hauteur et amène les premières longueurs du film, qui se tirait bien d'affaires jusque là. C'est le temps pour les longues embrassades au son d'une musique envahissante et pour l'accomplissement des rêves les plus fous... Un passage obligé, on dirait, à chaque fois qu'on vise le plus grand nombre.
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Photo Karl Filion

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