Affiche du film  Cinquante nuances de Grey
© Universal Pictures

Cinquante nuances de Grey

Version en français
v.o.a. : Fifty Shades of Grey
12 février 2015

L'Arlequin 2.0

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Soyons honnêtes dès le départ... Je n'étais pas de celles qui attendaient fébrilement la sortie de Fifty Shades of Grey dans les cinémas. Je n'ai pas préalablement lu les écrits érotiques de E.L. James et j'étais prête à être confrontée à cinquante nuances d'inepties lorsque j'attendais dans la salle noire et qu'une centaine de jeunes femmes enfiévrées poussaient de petits cris effervescents. Mais je dois l'admettre, un peu perplexe et consternée, Fifty Shades of Grey est beaucoup moins ridicule que ce à quoi je m'attendais.

Même si la première demi-heure est d'une bêtise sans nom et que les acteurs n'ont pas suffisamment de charisme pour assumer des rôles comme ceux-là, l'histoire fonctionne dans son ensemble et les scènes de sexe (celles qui intéressent vraiment les spectatrices) sont plutôt réussies. Évidemment, comme on s'y attendait, même si on a décerné une cote 16 ans et plus au Québec et une mention Restricted aux États-Unis, il n'y a rien de vraiment choquant dans Fifty Shades of Grey. Oui il y a des fouets, oui il y a des menottes et d'autres objets sexuels, mais comme le coeur du livre (et du film) est précisément cette « déviance » sadomasochiste, il serait mal vu de critiquer les pratiques lubriques des protagonistes.

Évidemment, il y a un emballage à ce stupre et cette luxure, et malheureusement il n'est pas tout à fait à la hauteur de son contenant. L'une des critiques les plus courantes qu'on faisait au livre était l'imbécilité de l'héroïne, et malheureusement le film n'arrive pas à pardonner sa stupidité. On essaie bien de nous convaincre qu'il s'agit davantage de naïveté et d'un manque d'expérience que de sottise, mais il y a quelque chose dans le personnage d'Anastasia qui nous empêche de nous identifier à elle et malgré les efforts de l'actrice pour nous la rendre sympathique et attachante, on ne peut s'empêcher de l'observer, dubitatifs, sans vraiment s'y attacher. Et Jamie Dornan, l'interprète du voluptueux Christian Grey, n'arrive pas non plus à nous convaincre. Les interprètes manquent particulièrement de charisme et le spectateur en ressent irrémédiablement les effets (particulièrement au début de l'oeuvre où la chimie est presque inexistante).

La trame sonore contribue, la plupart du temps, à la progression de l'intrigue, mais il y a de ces mélodies religieuses pendant les séquences de sexe qui déconcertent davantage qu'elles excitent. La réalisation s'avère, quant à elle, respectable. Les gros plans sont utilisés à bon escient, la réalisatrice laisse suffisamment de place aux comédiens et aucune prise de vue ne nous donne l'impression d'étouffer ou d'être mis à l'écart.

On s'étonne à la fin de la projection que les deux heures se soient écoulées si vite. Fifty Shades of Grey serait-il finalement un bon film? N'exagérons rien. « Bon » est probablement un terme trop fort pour le décrire, mais il est certainement une surprise pour la critique que je suis qui s'attendait à deux heures de torture. Ça a fait moins mal que prévu... peut-être que Grey a ce qu'il faut que contenter une femme finalement...

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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