Affiche du film  Chiens de guerre
© Warner bros. Canada

Chiens de guerre

Version en français
v.o.a. : War Dogs
19 août 2016

La guerre, la guerre c'est pas une raison pour se faire mal

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Le sceau de l'histoire vraie - le film est inspiré d'un article paru dans le magazine Rolling Stone en 2011 - apporte quelque chose de nécessaire à War Dogs pour qu'on puisse l'apprécier pleinement. Sans cette marque, qui ajoute un aspect réel et une certaine intensité au récit, le film de Todd Phillips serait beaucoup plus quelconque et oubliable qu'il ne l'est aujourd'hui. Ici, le fait de savoir que ces deux jeunes entrepreneurs inconscients ont réellement existé nous force à nous intéresser à leurs aventures, à nous étonner de leur prospérité et nous encourage à rire de leurs déboires. Un des problèmes de l'oeuvre se retrouve d'ailleurs là; on ne sait pas si on doit saluer leur réussite ou s'en indigner. Ces intentions brouillonnes malmènent le spectateur qui a du mal à trouver sa place au sein de cette histoire pour le moins farfelue.

Miles Teller et Jonah Hill forment un duo crédible et convaincant. On s'identifie et s'attache au premier, alors qu'on rigole avec le deuxième. David Packouz (Teller) est un massothérapeute de Miami qui peine à joindre les deux bouts, alors que Efraim Diveroli (Hill) est un hurluberlu qui se croit tout permis. Quand David apprend qu'il sera bientôt père, il doit trouver une solution afin de subvenir aux besoins de sa famille. Il accepte donc l'offre de son ami d'enfance et ensemble, ils deviennent marchands d'armes pour l'armée américaine en s'acquittant des petits contrats gouvernementaux qui n'intéressent pas les grosses entreprises.

Au début du film, on tente de nous faire réfléchir quand aux motivations pécuniaires de la guerre. On nous informe notamment sur le coût de l'équipement d'un soldat américain qui s'élève à 17 400 $ US. Mais ces intentions d'instruire et de sensibiliser le spectateur face au malfonctionnement du système gouvernemental américain se dissipent au cours du long métrage pour devenir davantage un divertissement léger qu'une critique sociale. 

War Dogs est drôle, mais pas hilarant. C'est en se rappelant que cette histoire est « vraie » qu'on rit le plus. Malgré les efforts évidents du réalisateur (qui est devenu, par la force des choses, un spécialiste des « buddy comedy » après Road TripThe HangoverDue Date) pour nous surprendre, la comédie ne nous étonne pas suffisamment pour générer les rires francs et sincères espérés. Esthétiquement, War Dogs est intéressant; des titres de chapitres (du genre : « On a un sérieux de foutu problème »), des arrêts sur image, une narration en voix off, un montage expressif.

War Dogs est un divertissement compétent. C'est le fait qu'il aurait pu être bien plus qui dérange, mais une fois qu'on accepte ses limitations, on passe un bon moment.

Pour satisfaire votre curiosité, voici ce à quoi ressemblent les vrais Efraim Diveroli et David Packouz :

Image de

© Rolling Stone

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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