Affiche du film Casino Royale
© Sony Pictures

Casino Royale

Version en français
v.o.a. : Casino Royale
17 novembre 2006

Troisième souffle

Photo Par Karl Filion
James Bond s'est fait teindre les cheveux et a fait très attention à son corps pour revenir en force dans ce vingt-et-unième volet de ses célèbres aventures. Sous les traits de l'acteur anglais Daniel Craig, James Bond est devenu un agent secret plus musclé que subtile, et plus viril que jamais. Moins de gadgets, et Bond montre maintenant ses muscles; il faudra s'y habituer.

Le plus célèbre agent secret britannique s'en allait droit au chômage avec le départ de Pierce Brosnan, celui qui avait donné un deuxième souffle en 1996 à la franchise qui avait le plus souffert de la fin de la guerre froide. Contre de nouveaux ennemis, le nouveau James Bond prend une toute nouvelle direction plus pragmatique : il est très impliqué et préfère les combats à mains nues aux gadgets les plus sophistiqués des services secrets britanniques. Un petit vent de fraîcheur dans les cheveux du personnage, mais rien pour redéfinir le genre, qui ne s'en trouve pas mal, bien au contraire.

Film d'action pure, Casino Royale a tout pour plaire : voitures, explosions, folles poursuites et jolies comptables. Étonnamment, il a aussi une histoire potable qui se dévoile lentement. Un peu trop lentement. Elle n'est malheureusement pas sans temps morts non plus, et la tension d'une partie de poker, quels que soient les enjeux, est bien inégale. De trop longues amourettes gâchent aussi le rythme, qui aurait gagné à être resseré d'une trentaine de minutes.

Néanmoins, la nouvelle arrogance de Bond lui va à merveille, ses erreurs en font un personnage renouvelé. Dans cette optique, Casino Royale n'est pas tant un film de James Bond qu'un excellent film d'action avec des combats enivrants, des poursuites efficaces et du danger. Quelques belles idées rendent le tout plus divertissant que la moyenne.

Craig, dont le plus gros défaut est d'être blond, donne beaucoup de corps et de muscles au personnage. Beaucoup de charisme, aussi, ce qui lui permet de décocher plusieurs mots d'esprit aux demoiselles tout au long de son aventure qui le mènera à Madagascar, aux Bahamas, à Miami, au Monténégro et à Venise. Quand on aura finit de le complimenter sur son physique - que ce soit son tortionnaire ou sa future maîtresse - on verra qu'il remplit très bien son rôle et qu'il mérite qu'on le prenne au sérieux. Il est plus vulnérable que ses prédécesseurs, plus humain - il se fait même prendre au jeu de l'amour - donc, encore une fois, moins « James Bond » qu'avaient pu l'être Pierce Brosnan ou Sean Connery. Et ce, malgré les clichés (martinis et tuxedos) qu'on ne manque pas d'intégrer.

Casino Royale remplit ses promesses de film d'action, même s'il souffre de quelques faiblesses narratives. Film en trois temps, il a besoin après chaque moment d'action intense de quelques minutes de repos pour reprendre son souffle. C'est dans ces pauses qu'il a le plus de faiblesses parce qu'il tente de créer des enjeux peu crédibles et peu impliquants. Mais cela ne gâche pas du tout le plaisir de retrouver un personnage qui subit une cure de rajeunissement à un moment où il en avait justement bien besoin.
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Photo Karl Filion

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