Affiche du film  Cloud Atlas
© Warner Bros. Canada

Cartographie des nuages

Version en français
v.o.a. : Cloud Atlas
v.o.a.s.-t.f. : Cartographie des nuages
24 octobre 2012

∞ / ∞ = ?

Photo Par Karl Filion

Ce court moment de nostalgie vous est présenté par « Une autre époque - Parce que tout était mieux avant! » : The Matrix est vraiment un grand film. C'est un film marquant dans l'histoire du cinéma; il existe un « avant » et un « après » The Matrix. Le génie du film tient à la fois dans l'innovation technologique et artistique qu'il proposait et dans l'intégration, dans un contexte de blockbuster, de thématiques philosophiques fortes. Andy et Lana (Larry, à l'époque) Wachowski ont ainsi fait leur marque à jamais dans l'histoire du cinéma.

Pour eux, les projets subséquents se sont avérés moins réjouissants. Deux suites à The Matrix ont été produites; la plupart des fans nient aujourd'hui leur existence. Leur nouvel effort, Cloud Atlas, montre à nouveau la perdition dans laquelle ils se sont empêtrés. Confusion thématique, visuelle, théorique, confusion des genres, des publics, Cloud Atlas semble vouloir être tout. Mais tout, au fond, c'est rien.

Un film qui est parfois une fresque d'anticipation et parfois une sitcom, parfois un film d'enquête, parfois une fable ou un film d'aventures - parfois tout, souvent rien. Ce manque total d'unité est fatal à un projet aux ambitions démesurées (ce qui aurait pu être une bonne chose); comme si les trois réalisateurs voulaient prouver qu'ils avaient la capacité de venir à bout d'un si immense projet. On le sent dans l'enchaînement des séquences, dans la dérive qui accompagne la complexification de l'histoire; au début, on est fasciné par la richesse de ce monde, par la beauté de la reconstitution, par les promesses faites par des créateurs audacieux... on est par la suite déçu et largué par un projet qui semble ne plus savoir quelle était la question. Comme si on regardait Lost en accéléré.

D'ailleurs, trois réalisateurs; Andy et Lana Wachowski, ainsi que Tom Tykwer (Perfume: The Story of a Murderer). Est-ce possible que, de cette collaboration, découle un manque d'unité formelle? Et encore, le véritable problème est peut-être simplement ce montage alterné³, qui tente d'ajouter un peu de tension à un récit qui n'en a pas vraiment; les moments d'action sont de bien faible envergure par rapport à la globalité de l'histoire du Temps. Lorsque tout est joué, il n'y a pas d'enjeu...

Tout n'est pas à jeter dans Cloud Atlas, à commencer par l'idée de génie selon laquelle, dans un futur relativement proche, tout le monde aura dans des gènes contenant des traces asiatiques. Les décors, costumes et autres créent des moments magiques. Tom Hanks, et Jim Broadbent sont dans ce film les grands acteurs qu'ils sont, Halle Berry la comédienne à fleur de peau que l'on connaît (on est encore ambivalent quant à Jim Sturgess) et Hugo Weaving, malgré qu'il soit ridiculement accoutré (en diable victorien, entre autres), est envoûtant, cela ne change pas grand chose au flottement narratif et thématique de Cloud Atlas.

On n'est pas prêt à rejeter complètement ce film, après un seul visionnement. La preuve : Cloud Atlas nous a donné des réflexions d'infini...

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Photo Karl Filion

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