Affiche du film Camping sauvage
© Alliance Atlantis Vivafilm

Camping sauvage

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : Happy Camper
20 juillet 2005

Bon chic, mauvais genre

Photo Par Karl Filion
Avec cette panoplie d'humoristes, on était en droit de s'attendre à une solide comédie pour l'été, pourtant, Camping Sauvage n'est pas assez drôle.

Guy A. Lepage est très certainement un des acteurs les plus appréciés au Québec. Une forte confiance lui est accordée dans tout ce qu'il entreprend depuis Un gars, une fille, et il faut avouer humblement que c'est mérité.

Cette fois-ci ne fait pas exception à la règle, tout a été mis en œuvre, du moins monétairement, pour assurer le succès du film, et c'est évident. Les décors ultra-léchés, les couleurs extrêmes, tout ce qui est visuel sent l'argent et est somme toute réussi. Pourtant, quelque chose à propos de ce film cloche, mais quoi?

Serait-ce Guy A. Lepage, qui n'évolue certes pas dans son univers habituel ici? Il semble complètement perdu, absolument étranger, lui qui s'entoure de ses amis de RBO, pourtant, il n'est pas à l'aise avec ce pédant de Pierre-Louis Cinq-Mars, pourtant plein de possibilités comiques mal exploitées, comme la plupart des personnages de ce film. Ajoutez à cela les quelques personnages tout simplement inutiles et dérangeants, je pense à cet homme avec le chien, qui tombe vraiment à plat, dommage. Sylvie Moreau essaie d'ajouter une touche de folie au film, mais c'est plus ou moins réussi. Elle offre certains des plus francs moments de rire du film, mais c'est malheureusement trop peu, trop tard, et lorsque les personnages changent soudainement, alors que l'histoire prend aussi une seconde dimension, ils ne nous sont pas du tout sympathiques.

Le scénario est intéressant…pendant la moitié du film. Toutes les portes qu'il s'ouvre pour prendre un second souffle se referment aussitôt, ne permettant aucune innovation scénaristique du même coup, presque toutes les blagues sentent le réchauffé ou ont déjà était faites dans des temps meilleurs.

La réalisation reste efficace, Sylvain Roy en est à son premier film, c'est pourquoi on peut lui pardonner un manque de maturité dans le choix des plans, mais il faudra que cette excuse cesse de servir pour pardonner tous les manques dans un film. Sans dire que la réalisation soit un point négatif, certaines séquences montrent un certain avenir, il faudra voir, mais cet effort filmique perpétue la tendance contemporaine de négliger l'impact d'une réalisation soignée et impliquée dans le film, le réalisateur ayant préféré demeurer étranger à son sujet, ne s'impliquant que très peu. On oublie trop souvent que la réalisation ne sert pas qu'à montrer.

Camping Sauvage se laisse très bien regarder, peut-être avec une petit sourire en coin, mais parce que c'est un film d'été et qu'un film d'été doit être, au moins un peu, rafraîchissant ou innovateur, parce qu'on s'attend de la part de Guy A. Lepage à un meilleur humour, pas plus raffiné, mais plus efficace, rien ne porte à croire que Camping Sauvage laissera une marque dans le cinéma québécois, probablement pas non plus dans la cuvée de cette année.
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Photo Karl Filion

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